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Énigme de grammaire.
Tous les jours, une nouvelle énigme.

Quand le soleil se lève, aux toutes premières heures, le coq, qui chante pour réveiller la ferme, réveille aussi le couple, encore épuisé.

Pourquoi toutes ces virgules? Sont-elles vraiment nécessaires?

Ceux qui envoient leur réponse reçoivent un corrigé et parfois un courriel adapté aux questions qu'ils se sont posées.
Réponse:
Adresse électronique (courriel):

Énigme précédente.

A. S’exprimer est totalement impossible.
B. S’exprimer est impossible totalement.

Pourquoi B est-il plus réaliste que A? Parce que c'est plus exact, plus nuancé. On admet un minimum.
    Mais alors, l’adverbe ne modifie pas le même verbe de la même façon? La place serait une marque de subordination même pour un adverbe?

CORRIGÉ EXEMPLATIF
Pourquoi pas? Entrent en ligne de compte la subordination, l'emplacement et les limites sonores de groupe syntaxique. L'emplacement modifie le noyau, le point d'attache, mais le locuteur peut le faire aussi en introduisant des virgules sonores. Ce sera le cas après impossible mais si la virgule est écrite, le sens se dédouble. Concessif: « du moins totalement », ou reprise qui absolutise: «et complètement». Tout se met alors à dépendre des intonations. On a deux actes de parole.
   C'est qu'on est sorti du champ. Il faut prononcer sans virgule ni coup de glotte, se donner l'acte de parole comme limite, quand on aborde la place de l'adverbe en français. Prenons donc le cas d'une prononciation sans coup de glotte. Le plus clair est alors le cas de totalement impossible, qui ne fait qu'un seul mot du point de vue sonore (à preuve, la liaison).
   Côté syntaxe, la subordination est alors indiscutable: c'est l'impossibilité qui est totale. Et l'adverbe est construit comme le qualificatif: antéposé, il modifie son noyau, avant toute actualisation, du point de vue sémantique uniquement. Il n'y a qu'un seul concept, universel. Toute possibilité est récusée.
    Or le même genre d'analyse tentée sur B donne un autre résultat. Avant totalement, il y a une phrase complète, même si elle n'est pas terminée. Ce n'est plus le concept d'impossibilité que totalement qualifie mais l'action de s'exprimer. Impossible totalement, elle devient possible partiellement.
   Il y avait un seul groupe syntaxique pour les deux derniers lexèmes. Il y en a deux, maintenant, et le /i/ d'impossible est allongé.
      Voici d'autres exemples.
C L’emporter sur les autres est toujours impossible (faux).
D L’emporter sur les autres est impossible toujours (vrai).
E Gagner sa vie est parfois difficile (généralité).
F Gagner sa vie est difficile parfois (particularisation).

Abrégé de grammaire et index terminologique.

Le français expliqué, cours conversationnel.

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