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Énigme de grammaire.
Tous les jours, une nouvelle énigme.

Il se dépose... tout, derrière cette palissade! Dirait-on mieux: de tout? Ajouterez-vous de? Pourquoi tout ne peut-il pas suffire comme objet de dépose? On dit bien: Il dépose tout derrière cette palissade. Ce serait à cause de la voix impersonnelle? Ou de la voix pronominale? (Voir le cours de grammaire, chap. sur les constructions du verbe, q.74 et 75.)

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Énigme précédente.

Un maréchal ferrant, dans une petite ville française du centre, au 18e siècle, tenta de lancer la manière de ferrer «à l'espagnole». Mais il dut renoncer, «et il lui avait fallu plusieurs saisons d'efforts répétés avant de pouvoir regagner la confiance de la clientèle que sa lubie moderniste lui avait coûtée»
On peut vérifier l'accord de ce participe (Voir le cours de grammaire, chap. sur l' accord du verbe, q.53) mais il y a aussi un problème d'actanciation et d'antécédent de la relative. Faut-il mettre coûtée ou enlevée? Il est bien privé de sa clientèle, et de la confiance de celle-ci, mais a-t-il «payé un prix»? Non: il a perdu quelque chose (sa clientèle, la confiance de celle-ci) à cause de sa lubie (moderniste pour l'époque). Il a sacrifié sa clientèle à sa lubie. Voyez-vous le moyen d'améliorer la clarté de la phrase?

CORRIGÉ EXEMPLATIF
Ce qui rend la phrase un peu obscure est une hésitation sur l'objet de coûter. Il y en a trois de possibles: confiance, clientèle et lubie.
On sait que c'est le sujet du verbe passif, donc l'objet du verbe actif, qui doit déterminer un accord de participe. La lubie est ce qui coûte, sujet actif. On peut dire: sa lubie lui a coûté cher. Une lubie peut bien coûter quelque chose. Quoi? Un prix en nature. Le prix de sa lubie est ce qu'il a dû donner pour se livrer à celle-ci.
   Dans le contexte de la phrase de Folco, il n'a pas dû payer: il a seulement perdu quelque chose: la confiance de la clientèle (qui préférait la manière de ferrer lyonnaise). La phrase est cependant acceptable avec, comme actants, la lubie du maréchal-ferrant (sujet), et la confiance de la clientèle plutôt que la clientèle elle-même comme objet. On aimera du moins ajouter une virgule après clientèle pour qu'il soit plus clair que l'antécédent de la relative est non pas clientèle, mais confiance.
   Une certaine confusion demeurerait car l'intention est de montrer les efforts déployés pour regagner la confiance. Ce que coûte cette confiance renouvelée, ce sont des efforts, fournis pour satisfaire les clients: tout le contraire de ceux qu'il a faits pour les convaincre de la supériorité des techniques qui étaient sa lubie. Dans cette perspective, la lubie lui a plutôt fait perdre sa clientèle. Il ne doit pas regagner un coût, mais une perte. La phrase serait plus claire avec lui avait enlevée. Il serait évident, alors, que le pivot est clientèle, et les deux moments, la perte et les efforts, seraient distingués.

Abrégé de grammaire et index terminologique.

Le français expliqué, cours conversationnel.

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