Orthographe. 57 interactions. 193 QCM.

L'orthographe ne concerne pas la langue orale. Mais quel est l'aspect de la langue qui est le plus important? L'oral ou l'écrit?
Réaction 1


L'oral est premier mais il est fugace. Comment savoir, par exemple, si le u latin était prononcé comme dans du, huit, ou Loulou? On en est réduit à des conjectures comme le cri du coucou ou l'origine de notre y (V. plus loin.) Si les technologies de l'audio-visuel avaient été inventées avant l'écriture, l'oral aurait été enregistré plutôt que transcrit et l'écriture n'aurait jamais existé, ou bien elle n'aurait pas eu l'importance qu'elle a, et qu'elle n'est pas près de perdre (communication par internet).

Historiquement, le passage à l'écrit est, pour une langue, l'étape décisive. La graphie a détaché les langues de leur lien à l'interlocuteur dans l'acte de la communication. Elle leur a conféré un statut précis, plus universel, plus durable, identique pour tous, exportable. L'administration et la législation s'appuient sur l'écrit. Il sert également de preuve (traité, diplôme, facture, formulaire, signature). L'État moderne, la mondialisation existeraient-ils sans l'écriture? Et la linguistique? La langue écrite est plus facile à examiner et à étudier que la langue orale, qui demande un laboratoire. Même le mot de grammaire n'est autre, étymologiquement, que celui de science des lettres de l'alphabet (gramma).

Trouvez-vous normal qu'en français, on attache à la dictée et à l'orthographe une importance plus grande que dans les autres langues?
Réaction 2


On peut comprendre une certaine priorité de l'orthographe parce que c'est la première chose qu'on doit apprendre, à l'école primaire, et parce que c'est le plus visible des aspects de la langue (et que notre culture donne la priorité au visible). Il faut remarquer cependant que les malentendus de la communication viennent moins souvent des fautes d'orthographe que du vocabulaire et de la syntaxe.

Tout le monde voudrait voir l'orthographe simplifiée. Il y a en français une excessive diversité orthographique et très peu de règles. C'est ce qui cause la difficulté des dictées. L'idéal serait de n'avoir qu'un son par signe et un signe par son, comme dans l'alphabet phonétique international (A.P.I. Voir notamment http://fr.wikipedia.org/wiki/Alphabet_phon%C3%A9tique_inter national ou http://bbouillon.free.fr/univ/ling/Fichiers/phon/api.htm). Encore faudrait-il que la prononciation soit partout la même, ce qui n'est nullement le cas, et qu'elle évolue parallèlement partout en francophonie, ce qui est impossible.

Actuellement, il y a tant de particularités orthographiques qu'on ne peut semble-t-il jamais en voir la fin. Les adultes les mieux préparés restent d'éternels candidats aux épreuves de dictée. Sans compter les années d'école perdues à retenir des détails de pure forme. Chacun reste persuadé que (par sa faute!) il ne maîtrisera jamais cet aspect du français... tandis que le marxisme y a vu un moyen d'oppression sociale.

Nous tenterons, en accordant moins de place à l'orthographe qu'aux autres aspects du français, de rétablir les priorités. Nous partirons de là mais cela ne veut pas dire que c'est le plus important : au contraire.

L'Alphabet.

Une langue est faite de sons. Les lettres sont des signes graphiques permettant d'écrire les phonèmes (les sons qui présentent des différences significatives; ex. bon/pont). En principe, ce qu'on écrit, ce sont les sonorités perçues. En pratique, ce sont les combinaisons de lettres mémorisées comme caractéristiques pour chaque mot (caoutchouc / cas où d'chou / K août' choux). On comprend plus vite l'écrit que le parlé et on prononce les mots indépendamment de leur graphie. La prononciation est moins importante que l'orthographe. Elle se voit moins souvent corrigée.

Les lettres d'une langue sont rangées dans un ordre qui remonte aux origines des langues (en grec : alpha, béta... d'où le mot alphabet). Cet ordre permet de faire des listes de mots, des annuaires, des dictionnaires, des index. Combien y a-t-il de lettres en français? Pouvez-vous les écrire ici dans l'ordre?
Réaction 3


ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ = 26. Ces vingt-six lettres transcrivent-elle bien 26 phonèmes? Ou bien est-on obligé de combiner, parfois, plusieurs lettres, pour un seul phonème? Prononcez à haute voix "un beau grand phare". Combien de lettres pour combien de phonèmes?
Réaction 4


Seize lettres mais seulement neuf voyelles et consonnes. Il n'en était pas ainsi autrefois. Le latin avait 20 lettres, prononcées chacune de façon distincte : ABCDEFGHIKLMNOPQRSTV

Le français a conservé les vingt lettres de l'alphabet latin classique, mais il est loin d'en être resté aux phonèmes qu'elles transcrivaient. Lors de la conquête d'Athènes par Sylla en -86, la langue des démocraties est introduite à Rome (les patriciens prenaient des rhéteurs comme précepteurs pour leurs enfants). Certains mots grecs, les plus prestigieux, s'implantent dans la langue latine, avec des sons que celle-ci ne connaissait pas encore. Trois lettres viennent s'ajouter (à la fin de la série) : x, y, z. Il s'agit de transcrire le ksi, , l'upsilon, , et le dzéta, . Voilà pourquoi ces trois dernières lettres, si importantes en algèbre, où elles désignent des inconnues, sont les trois dernières dans notre alphabet alors qu'elles n'étaient pas les dernières dans l'alphabet grec (il se clôt sur , oméga).

Voyons de plus près ce que provoquera ensuite, dans le français l'invasion (culturelle) de
Il faut voir, dans la cathédrale, un admirable tr__pt__que.
1 i, i
2 i, y
3 y, i
4 y, y


L'expérimentation de cette QCM a donné les résultats suivants :
Rép. % Niveau
2 46 +2.86
3 24 -1.52
1 22 -4.93
- 08 00.00


La moitié (46%) des cégépiennes et des cégépiens ne s'y trompent pas et choisissent la réponse 2 (un seul y, en seconde position). L'influence de la racine tri a pu les aider car leur niveau est des plus élevé (+2.86). Cf. Tricycle. De kuklos, "roue". Ne trouvez-vous pas que l'on aurait pu garder la lettre u plutôt que de prolonger vers le bas son second jambage, puisque ce y, qui ne fait que provoquer des fautes, n'était pas un i?
Réaction 5


Impossible. Le u était une autre voyelle (V. plus loin).

Exercices. I, p.24, q.4 à 8; II, p.21, q.1 à 11; III, p.1, .5-7.

Pour le théâtre du Moyen Âge, il existe une excellente c__restomat__ie.
1 h, h
2 h, (Rien)
3 (Rien), h
4 (Autre chose)
Rép. % Niveau
1 19 +2.78
- 02 +2.45
2 44 -2.04
4 15 -3.78
3 15 -8.15
+ 05 00.00


Dix-neuf pour cent des étudiantes et des étudiants, les plus habiles (niveau +2.78 écarts-types), trouvent la solution : ch (prononcé k) et th (prononcé s). La majorité, 44%, préférerait un seul h, celui du début (réponse 2). Le dernier 5% pensent que ce mot ne sert à rien (réponse +, soit un rejet de la question).

C'est un mot grec, comme il y en a tant en français. Il conserve à nos yeux et à nos oreilles son allure étrange, malgré ses vingt siècles d'âge... Il vient de (chrêstos): "utile" et (man'tanein'): "apprendre". Une chrestomathie est un recueil de choses utiles à apprendre. Il faut reconnaître que sa fréquence d'emploi est aujourd'hui réduite (4 occurrences au Trésor de la langue française; contre 11 à son équivalent d'origine latine, florilège, et 115 à anthologie). Le mot chrestomathie ne joue, dans notre lexique, qu'un rôle secondaire; il sert d'appoint synonymique. Un lettré connu y eut recours au XVIIe siècle. Il ne passa dans la langue qu'au XIXe. C'est ce qu'on appelle un mot savant, mais il nous parvient par l'intermédiaire du latin car c'est le titre d'un ouvrage de Proclus. On peut y vérifier le traitement du (khi) et du (théta), sons pour lesquels le français n'a pas de signe, en sorte qu'il faut recourir à un digramme, une lettre double, comme le ch pour /ch/ et le ph pour /f/.

Cette particularité importée viendra en conflit au 13e siècle avec un autre ch, provenant du c latin devant a devenu e (caballum - cheval). Du grec nous sont venus xyz, th et un ch dur. Ce dernier vient du xhi, , qui fut assimilé au c (dur) et assorti d'un h pour marquer l'aspiration qui le distinguait du cappa, . Le cappa, ancêtre de notre k, avait son équivalent latin dans la lettre c (Caecilia, notre Cécile, était prononcé Kaékilia). Il y a donc deux prononciations pour le digramme ch suivant qu'il se relie directement au grec (un k aspiré) ou qu'il transite par le latin (la consonne chuintante sourde). Comparer archéologie et architecte.

Exercices. I, p.14, q.7; II, p.6, q.7 et 9; III, p.1, q.2 et 3.

Y a-t-il d'autres lettres ajoutées par le français à celles de l'alphabet latin? Lesquelles?
Réaction 6


Il arriva que ce c dur commença à s'adoucir : s devant les voyelles antérieures fermées : i et é (Cécile...) Pour conserver au c sa forme dure, le latin introduisit le cappa grec dans son alphabet, sous sa forme grecque, qui est devenue notre k.

Les mots avec k ne sont pas si nombreux ni tous si anciens. La plupart ont été empruntés aux langues germaniques, slaves, sémitiques ou orientales. Lesquels connaissez-vous, dans cette liste ou en dehors d'elle?


aïkido, akène, anorak, baklava, baraka, basket, batik, bazooka, beatnik, beurk,
bifteck, bikini, black, bock, break, breaker, brick, broker, bunker, buzuki, cake,
chapka, chapska, cheik, cheikh, chinook, cocker, cockney, coke, cokéfier, cokerie,
colback, cookie, crack, cracker, cricket, derrick, diktat, dock, docker, drakkar,
drink, enkysté, eskimo, eurêka, fakir, folk, folkeux(se), folklo, funky, gimmick,
ginkgo, irakien(ne), jackpot, jockey, joker, judoka, jukebox, junk, junkie, lakiste,
lambick, linkage, look, loukoum, mameluk, mark, mazurka, mikado, moka, monoski,
moujik, moukère, nickel, okapi, okoumé, ouzbek, pack, package, paddock, paprika,
parka, parking, pékan, pékin, pekiné(e), pickles, poker, polka, punk, quaker, quark,
rack, racket, remake, rikiki, rock, rocker, rocket, rockeur(se), saké, sakieh,
schako, shaker, shako, sikh, sirtaki, sketch, ski, skiable, skier, skieur, skieuse,
skif, skip, skipper(verbe), skydome, smoking, snack, souk, soukkot, sovkhoz,
speaker, steak, stick, sticker, stock, stocker (verbe), stoker, stuka, tank, tanka,
teck, teckel, téléski, ticket, tokamak, tonka, troïka, uzbek, valkyrie, véloski,
viking, vodka, volapük, walkman, week-end, whiskey, whisky, wok, yack, yankee.

Réaction 7
On pourrait ajouter tous les mots du dictionnaire à la lettre k.

Cette nouvelle lettre fut ajoutée à la liste alphabétique à la suite du j, autre nouvelle conquête. Le j suit le i, dont il est un allongement du jambage. Il s'agissait comme pour le u grec de marquer un son nouveau : l'ouverture du g devant les voyelles antérieures fermées, e et i (geline, gibet). Ce glissement de prononciation a entraîné toutes sortes de complications dont la solution fut la cédille et le u après le g (Il en sera question plus amplement sans tarder).

Ajoutons le v, qui n'était en latin que la majuscule du u et donc une voyelle, et le w, considéré encore au XIXe siècle comme un redoublement de la lettre v, bien qu'il représente la semi-consonne intermédiaire à u et à v. Il est vrai que, mis à part les quelques emprunts aux langues germaniques (what, week-end, whisky, wallon, mais wagon est prononcé v) ce phonème s'écrit comme une voyelle (ou dans le mot ouate, mais encore oi puisque que ce digramme est devenu /wa/). Avec x, y, z, et k, j, v ajoutés aux vingt lettres du latin, nous avons tout l'alphabet du français. Mais cela veut-il dire que le français se contente de vingt-six sons, de 26 phonèmes?
Un code de transcription idéal propose un son par lettre, et une lettre par son. Où trouve-t-on un tel code?
1 En français.
2 En anglais.
3 En latin
4 (Autre chose)
Réaction 8


Cet héritage est un lit de Procuste. En se cantonnant scrupuleusement dans l'alphabet du latin, au lieu de s'adapter à une évolution phonétique très riche (sous l'influence du gaulois), le français a été contraint à toutes sortes de contorsions, combinaisons et complications.

Le système graphique et les sonorités réelles.

D'autres influences que le grec ont-elles joué? Le gaulois? L'arabe? L'italien? L'espagnol?
Après avoir décrit les sons de nombreuses langues selon leur mode de production par l'appareil phonatoire, ________ présente un signe graphique pour chaque son.
1 l'espéranto
2 l'ensemble des langues indo-européennes
3 l'ancien français (langue écrite)
4 (Autre chose)
Réaction 9


Le gaulois dans les noms de lieu (aussi : orteil), l'arabe pour les chiffres, l'italien pour la musique; surtout l'anglais, aujourd'hui... Et c'est l'occasion de souligner le caractère purement occasionnel des acquis les plus solides de la culture. Chaque génération s'arrange de sa situation présente et en tire un système qu'elle adapte à ses besoins. Belle entreprise pour les linguistes : refaire l'historique de l'évolution des systèmes, région par région, décennie par décennie, en conjuguant approche structurale et approche historique. Qu'est-ce que le français? «Notre langue n'est autre chose que du latin, parlé par des Gaulois, qui a évolué au cours des siècles. On a pu dire que le français était du latin "prolongé à l'état vivant"» écrit fort justement Charles Bruneau (Petite Histoire de la langue française, t.1, p.3). Et Proust renchérit : «Ces mots français que nous sommes si fiers de prononcer exactement ne sont eux-mêmes que des cuirs faits par des bouches gauloises qui prononçaient de travers le latin ou le saxon, notre langue n'étant que la prononciation défectueuse de quelques autres» (À la recherche du temps perdu, t.9, p.176).

Ceci est particulièrement visible en ce qui concerne les voyelles du français. À propos, savez-vous combien il y a de voyelles, en français?
Réaction 10


Elles ne sont que cinq, a, e, i, o, u, dans la graphie; en effet, elles n'étaient que cinq, phonétiquement, en latin. Le y s'y est adjoint vers -50 parce qu'il a fallu un signe pour le son que nous écrivons u. Car ce que les Romains écrivaient u était notre ou (exemple: cuculus, prononcé koukoulous puisque c'est le cri du coucou et que les coucous, sans doute, ne devait pas chanter cucu, en ce temps-là). Rappelons que la forme du y n'est autre que celle du u avec prolongation du dernier jambage, comme le j par rapport au i. L'upsilon grec, qui se trouve notamment dans (prononcer phusis), la "nature", est devenu y (prononcé u grec par les Romains dans leur alphabet). Ce n'est que beaucoup plus tard que cet u est passé à i en français. Or, à ce moment-là, collision : y et i se sont mis à faire double emploi et le y est devenu superflu (sauf comme vestige historique).

Par ailleurs, l'évolution phonétique a multiplié les nuances vocaliques et il a manqué plusieurs lettres pour la transcription des voyelles. Le français d'aujourd'hui ne possède pas moins de seize voyelles sonores bien distinctes, alors qu'il ne dispose toujours que des cinq lettres des voyelles de la grammaire latine pour les écrire. Heureusement, nous avons moins de consonnes que l'arabe et la cohérence actuelle de leur graphie est moins compromise par l'héritage du latin que celle des voyelles. Des cinq voyelles latines, a, e, i, o, u (dont on suppose encore trop souvent dans les écoles qu'elles forment aussi, en ajoutant y, l'effectif du français), il a été tiré de quoi noter jusqu'à seize sons essentiels et significativement distincts. Ai-je dit seize? Couramment employés? Mais lesquels? Combien utilisez-vous, vous, de sons vocaliques dont les oppositions forment des mots distincts?
Réaction 11


Le e, qui, comme en italien moderne, correspondait à tout ce qui peut se dire entre é et è, s'est divisé en deux et même en trois sons français: il sert à noter le e sourd, souvent muet, qui est tout ce qui reste du a final latin (lequel a été la seule voyelle finale à se maintenir en ancien français). Les autres e (dits "masculins" puisque le e sourd était féminin) auraient dû recevoir au moins un accent mais ils sont restés sans marques graphiques de leur spécificité (/é/, /è/) pendant tout le Moyen Âge. Il y eut quelques tentatives pour arriver à les écrire spécifiquement, par exemple de les faire suivre d'un s ou d'un z, par analogie avec les articles ou la conjugaison, mais ces tentatives timides ne faisaient qu'ajouter à la confusion. Les accents aigu et grave ont été introduits progressivement aux XVIe et XVIIe siècles, mais seulement là où ils étaient le plus nécessaires, en syllabe ouverte (pas devant une consonne qui appartiendrait à la syllabe, car on savait que dans cette position il fallait dire /é/).

Le u latin, prononcé ou, est passé à u : pas à cause du u grec, qui s'assimila en devenant i, mais par l'adoption d'une série de voyelles typique des langues celtiques, les antérieures labiales. (É, è, i est une série antérieure non labiale et ò, ó, ou, une série postérieure labiale.) Notre u s'accompagne, en effet, de deux autres voyelles tout aussi inédites, notées eu toutes les deux mais prononcées comme dans beurre et eux.

Qu'auriez-vous proposé si vous aviez vécu dans le haut Moyen Âge, pour noter ces deux sons?
Un grand éditeur publie: le Sieur Dieu (roman). Le premier eu se prononce comme dans ______.
1 Monsieur
2 meilleur
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
Réaction 12


Ces deux timbres intermédiaires, dits "ouvert" et "fermé", ont la même aperture que les antérieures non labiales è et é, respectivement. Il était plus difficile de leur mettre aussi un accent, car c'était des digrammes... Les langues germaniques et celtiques se servent d'un o traversé d'un trait oblique (ø) ou du digramme soudé o + e (œ). Cela lui suffit car il confond nos deux eu (comme les Italiens et les méridionaux ne font pas l'opposition entre é et è).

Dans les voyelles postérieures (voir le tableau des voyelles) on trouve aussi, entre les deux extrêmes (a grave et ou), deux timbres intermédiaires: o et au (porte et peau). Là encore, on aurait pu recourir aux accents grave et aigu, ò et ó. Cela aurait débouché sur un système plus régulier mais il aurait fallu se donner tant soit peu de liberté avec l'étymologie, et au bénéfice de quoi? Une langue "vulgaire", ce qui voulait dire celle des occasions ordinaires, par opposition au latin, langue internationale des savants. Avant la Révolution française, le français était seulement la langue du peuple.

Si l'on ajoute les quatre voyelles nasales (an, in, on, un) et qu'on observe qu'il y a un a postérieur (pâte) et un a antérieur (patte), cela fait bien seize sons pour seulement cinq signes...

Leur transcription doit donc se réaliser à l'aide d'accents (è, é) ou en les combinant avec d'autres signes (les digrammes comme eu, an). Ces combinaisons provoquent des équivoques (gageure, enorgueillir).

Avez-vous l'impression qu'une des chances qui a le plus manqué au français est de restructurer sa prononciation ou de restructurer ses graphies?
Réaction 13


Comme aujourd'hui encore, c'est la masse, en évoluant, qui a fait bouger le système, mais ce sont les lettrés, en ne parvenant pas à s'entendre sur des réformes, qui ont imposé la prolifération de variantes «historiques». Alors que les sons, qui évoluaient assez librement, se sont structurés, les graphies n'ont pas pu se simplifier logiquement, par crainte du changement, par respect révérenciel du modèle latin omniprésent encore au XIXe siècle, dans les textes non seulement religieux, mais scientifiques, et juridiques. C'est l'importance dont il s'est vu revêtir dans les hautes sphères de la vie culturelle et sociale qui a figé le graphisme du français (avec la collaboration de l'institution scolaire).

Les causes des incohérences sont plus généralement le prestige du visuel sur le sonore (auxquels n'échappent que les «primitifs» de la préhistoire), et la fiabilité de l'attestation écrite (l'histoire commence avec l'écriture). Et puis, il y a la facilité de la répétition, qui maintient toute la diversité des notations écrites du passé, ce qui a multiplié même tout à fait inutilement les variantes.


Le son /an/ s'écrit -an, -en, -ant, -ent, -end, -am, -em, -emps...
Le son /è/ a des graphies multiples: è, ê, e, es, et, ei, ai...
Les mots en /o/ s'écrivent avec -o, -ô, -os, -ot, -au, -eau, -aud, -aut, -aulx, -aux.
Les mots en /ou/ se terminent en -ou, -oub, -ouc, -oue, -ouls, -oup, -ous, -out, -oux.
Le son /s/, sourd, s'écrit s,  ss, c,  ç, sc, t, th.
Sans compter les mots en ki écrits -quis ou -ki, sauf qui, acquit (subst.), lysimachie, riquiqui, ventriloquie et whiskey.

Ou le n qui se transforme en m devant p, b et m. Exceptions: néanmoins, mainmise et les composés de bon. Etc...

Faut-il désespérer? Exiger une réforme en profondeur? Entreprendre une lutte?
Les langues qui viennent du latin sont appelées langues ______.
1 romanes
2 romaines
3 latines
4 gréco-latines
Réaction 14


Inutile de s'inquiéter. Ceci n'est autre que la définition même d'une langue. Elles sont toutes, sauf l'espéranto et le volapük, à la même enseigne. Certaines font cependant plus d'efforts que d'autres pour se restructurer (le hollandais, l'espagnol). Et elles peuvent y gagner sur le plan de l'apprentissage (groupes scolaires, étrangers).

La syllabe.

Une des difficultés de l'orthographe française réside dans la pose des accents sur le e ou le redoublement de la consonne suivante (cèle / celle). Les consonnes doubles doivent-elles se faire entendre? Dira-t-on il excè-le? ou il exsel? ou encore il excel-le? Il y a d'abord une difficulté orthophonique (de prononciation). Aussi importe-t-il d'avoir ici quelques notions du découpage en syllabes. Cela sera utile de toute façon car, quand il faut aller à la ligne et que le mot est trop long pour ne pas être coupé, le trait d'union qui annonce la coupe doit prendre place entre deux syllabes.

Mais, d'abord, qu'est-ce qu'une syllabe?
Réaction 15


La syllabe (et son noyau, la voyelle) constitue, en linguistique, une unité (minimale) du point de vue sonore. C'est l'unité constitutive de niveau inférieur au mot. Elle se définit comme la plus petite émission vocale. La syllabe est une voyelle accompagnée ou non de consonne(s). La voyelle, comme son nom l'indique, porte la voix. Molière le disait déjà dans son Bourgeois gentilhomme. La voyelle est le noyau minimal pour une émission de voix. (Prenez bien note de ces définitions, elles vont éclaircir plus d'une difficulté ultérieurement.)

Par exemple, pour réciter l'alphabet à voix haute, il faut transformer en syllabes toutes les consonnes (bé, effe, ache, ji, ka, elle...)

Le mot syllabe vient du grec (, "avec"; , "prendre"). Il s'agit des lettres (plus exactement des phonèmes) qui doivent être prises ensemble pour pouvoir être prononcées.



Le découpage en syllabe est en principe fort simple. Le noyau étant une voyelle, phonème qui a une ouverture maximale (la colonne d'air sort librement), on passe d'une syllabe à la suivante là où l'air est freiné au maximum entre deux voyelles (par exemple par une consonne occlusive: oka fait o-ka). De ce principe découlent les règles de découpage en syllabes graphiques.

1) Consonne unique : devant elle (co / libri)

2) Consonnes doubles : entre les deux (col/lision)

3) Groupe de consonnes différentes : devant la plus fermée, en remontant de droite à gauche (col / tiner, subs / tantif)

4) On peut aussi tenir compte de l'étymologie (ex / utoire, sub / stantif).

Remarque: La règle 4 introduit des exceptions, basées sur le découpage du mot comme unité lexicale et non plus sonore.

Il y a des syllabes longues ou courtes (voire très longues ou très courtes) ce qui donne à chaque individu et même à chaque phrase un débit parfois très particulier. Les syllabes toniques reçoivent un accent qui les allonge; les atones sont plus courtes.

Un allongement de la voyelle peut même la prolonger insensiblement jusqu'à l'apparition d'une seconde syllabe (mè-èr'). On parle alors de diphtongaison (la voyelle double est une diphtongue). En québécois, sans doute sous l'influence des toniques chantantes de l'anglais) la diphtongaison est assez fréquente (ma-èr').

Et saviez-vous qu'il y a des syllabes «ouvertes» et «fermées»?
Réaction 16


Une syllabe est dite ouverte quand elle se termine sans consonne (-bit, cré-dit); la syllabe fermée se termine par une consonne (ils affirmèrent: il-za-fir-mèr). Naturellement, avec l'évolution phonétique, les consonnes finales ne se prononçant plus et les doubles se simplifiant, quantité de syllabes fermées sont devenues ouvertes, ce qui a eu pour résultat de les allonger (d'autant plus que, par leur position, souvent finale, la syllabe était tonique).

Les règles du découpage en syllabe ne suivent pas toujours exactement la prononciation actuelle mais elles s'appliquent comme si on en était resté aux prononciations d'origine. Ainsi, dans ils affirmèrent, on coupe entre les deux f alors que la prononciation actuelle serait a-fir.

C'est pour la pose des accents sur e que le problème est le plus complexe. Y aurait-il une certaine relation entre la pose d'un accent sur le e et le fait que la syllabe est ouverte?
Les hommes, dirait-on, s'efforcent de répéter les erreurs des siècles passés. Il n'y a pas d'accent sur le /é/ initial de s'efforcent parce que /é/ ________.
1 commence le mot
2 ne termine pas la syllabe
3 est suivi d'une consonne redoublée
4 est suivi de f
Réaction 17


Une relation si étroite qu'on ne met d'accent que si la syllabe est ouverte car, si elle est fermée, le e ne peut pas être muet, on peut donc faire l'économie de l'accent (les, des, mettre, dessiner, Hercule, ecclésiastique). Il nous semble que si tous les é et tous les è avaient leur accent, ce serait encore plus «économique»... En ce cas, tous les e sans accent auraient le même timbre. Ce e muet est la grande innovation du français par rapport aux autres langues romanes.

Mais voyons de plus près en quoi il consiste. Il faut pour cela examiner plus en détail le phénomène sonore de la syllabe comme atome (unité minimale). Ne peut-on vraiment prononcer de consonne sans y ajouter de voyelle? Sans doute, quand on parle du f comme son, on peut le prononcer séparément. L'ajout du è n'est nécessaire que pour que la voix porte naturellement à distance. Mais il y a des langues comme l'anglais qui sonorisent les consonnes, notamment le r en fin de mot. En français, le e dit «muet» ne se prononce sans doute pas mais son effet est justement de rendre audible la consonne qui précède. Ex.: chat - chatte. La prononciation soignée de chatte est plutôt en deux syllabes, la seconde étant consonantique: cha-t'. La phase explosive du t est postérieure à l'occlusion et se situe donc dans une nouvelle syllabe. Voilà un t sonorisé, mis dans une syllabe séparée. Les syllabes consonantiques se rencontrent en français (surtout sur les consonnes liquides, l, m, n, r, car ce sont les plus ouvertes). Du e muet final, il reste une trace dans la nature syllabique de la consonne qu'il fait reparaître au féminin de tous les mots en s, t, ou une autre consonne (d, f devenant v, l redoublant, n dénasalisant la voyelle précédente, p, r ouvrant le é).

Y a-t-il un rapport entre cette syllabe consonantique évanescente et le e muet?
La candida__e avoua que sa demande d'admission était antida__ée.
1 t, t
2 t, tt
3 tt, t
4 tt, tt
La dot devrait consister en trois agne__es et douze tourtere__es...
1 l, l
2 l, ll
3 ll, l
4 ll, ll
Je suis inqui__e pour ma tartel__e.
1 èt, èt
2 èt, ett
3 ett, èt
4 ett, ett
Votre gami__e est une enfant taqui__e.
1 n, n
2 n, nn
3 nn, n
4 nn, nn
Une blessure anodi___e peut être à l'origine d'une infection microbie___e.
1 n, n
2 nn, n
3 n, nn
4 nn, nn
Réaction 18


La grande innovation du français par rapport aux autres langues romanes est le e dit muet, qui même non prononcé crée une syllabe, réduite à sa consonne initiale.

Ce e est-il bien distinct des voyelles de la série antérieure labiale?
Vois-tu ___ que je te montre?
1 ce
2 ceux
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Qu'est-ce que l'e muet en français?
1 Un e qui se prononce sourd.
2 Un e qui ne se prononce pas.
3 Un e qui peut, dans certains cas, se prononcer ou ne pas se prononcer.
4 Un e qui, selon les régions, se prononce ou ne se prononce pas.
Les t__rroristes ont proc__dé à une tu__rie f__roce sur le boul__vard.
1 e, é, e, é, e
2 è, è, e, é, e
3 e, e, e, e, (Rien)
4 é, é, e, é, (Rien)
Réaction 19


Il en est proche phonétiquement mais très éloigné graphiquement. Pour que le code graphique perde encore davantage son ambiguïté, il faudrait lever la similitude entre e et è, parfois é.

L'accent aigu et le grave.

Rappelons que, descendant vers la gauche, l'accent est dit «aigu» (comme dans bléser); vers la droite, il est «grave» (comme dans blèsement).

Le e latin d'où proviennent ces deux voyelles se prononçait comme se prononce encore aujourd'hui le e espagnol ou italien : indifféremment é ou è. La différence entre eux ne crée pas d'opposition significative. Ne pouvant être confondu avec un e muet, alors inexistant, le e latin occupait à lui seul tout le créneau du système vocalique situé entre le i et le a. Il n'avait donc pas besoin de recevoir d'accent. C'est à partir du dédoublement de timbre et de l'amuïssement (é, è, e) qu'il commença à y avoir des risques de confusion (denier, dénier). Toutefois, il a fallu attendre le XVIe siècle pour que l'on ose commencer à placer quelques accents. Au XVIIe siècle, l'Académie installe des accents aigus dans son dictionnaire à certains préfixes (déplacer, prédominer) et, plus systématiquement, pour remplacer partout le groupe es : escrit, despit, esgorger deviennent écrit, dépit, égorger. Au XVIIIe siècle, c'est le tour des accents graves (son dictionnaire donne centiesme en 1694, centiéme en 1740, centième en 1762). Réf. Nina CATACH et alt., Dictionnaire historique de l'orthographe française, Larousse, 1955, p.1125 à 1128.

Où en est-on aujourd'hui?

Elle a la ________ vive.
1 repartie
2 répartie
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
L'__lision relève de la grammaire; l'__lipse, du style; l'__clipse, de l'astronomie.
1 e, el, e
2 é, él, é
3 é, el, é
4 é, el, e
C'est un ___avantage(s) de votre méthode.
1 des (suivi d'espace)
2 dés
3 dès
4 (1 ou 2 selon le sens)


Exercices. I, p.26, q.2 à 8. II, p.31, q.1 à 4. III, p.11, q.1, 2, 6 à 8.
Réaction 20


Les accents sont encore loin d'avoir été établis partout, systématiquement. Il reste quantité de e sans accent que leur environnement suffit à faire reconnaître. Il suffit qu'ils soient en syllabe fermée (celle, gerbe, presque, perle : le e ne termine pas la syllabe, qui est "fermée" par une consonne : l,b,q,l).

Les verbes en -eler ou en -eter posent des difficultés spéciales. Il y a pis. Il reste des e prononcés avec accent grave qui reçoivent seulement un accent aigu, même quand la syllabe suivante est muette (ce qui incite tout de même à prononcer è). Crémerie, événement, il cédera, aimé-je. Les Rectifications s'y sont fortement colletées et il n'en subsiste aucun dans la nouvelle orthographe. On peut dire qu'aujourd'hui, le son è suivi de e muet peut toujours prendre son accent grave (sauf dans la conjugaison du verbe créer pour la garder plus uniforme). Ex. : père, pèle, achète; et, moyennant rectification: évènement, il cèdera, cèleri, harcèle, cliquète.

Rem. Les Rectifications ont aboli l'accent aigu archaïque devant une syllabe en e. Ex. Abrègement, affèterie, allègement, allègrement, empiètement, évènement, etc.

Ne t'inquiète pas. Si je déc____le une anomalie, je t'app____le.
1 è, è
2 è, el
3 el, è
4 el, el
Plus tu le tromp__es sur tous les toits, plus tu te fatigues et tu hal__es.
1 èt, èt
2 èt, ett
3 ett, èt
4 ett, ett
Dès qu'il g___lera, les plants de tomate cr__veront.
1 e, e
2 e, è
3 è, e
4 è, è
Un bon fromage à la cr__me s'ach__te dans une cr__merie.
1 è, è, é
2 è, ê, è
3 è, è, è
4 ê, è, é
Les écrivains incarcérés refusent de signer des engagements qui ali__neraient leur liberté.
1 é
2 è
3 (N'importe)
4 (Autre chose)


Connaissiez-vous, pratiquez-vous ces «rectifications»?
Réaction 21


Il faut souligner que ces Rectifications ne sont pas obligatoires mais qu'on ne peut pas non plus les négliger. Elles sont admises mais non promulguées. En somme, ce ne sont plus des fautes, mais on peut encore écrire comme avant. Leur but était de débarrasser les programmes de quelques irrégularités dépourvues de signification. Elles ont réintroduit tant soit peu de liberté orthographique.

Mais voyons les choses plus exactement en ce qui concerne les verbes en -eler / -eter. En abolissant un redoublement, les Rectifications installent une syllabe ouverte, suivie d'une syllabe muette. Or celle-ci ne peut pas l'être entièrement. On prononce, plus ou moins nettement, le e, surtout si on est du Midi (Il excelleeee). Si on est du Nord, on prononce il excel, syllabe fermée. La graphie proposée, il excèle, ne convient donc pas exactement. Il faudrait aussi supprimer le e final (ou du moins le remplacer par une apostrophe), seul moyen de rapatrier la consonne dans la syllabe (ou du moins de supprimer le e).

Ce qui améliorerait davantage serait d'avoir une graphie distincte pour les e muets qui se prononcent. Ce pourrait être un e retourné comme dans l'API (), ou un epsilon (). Et il y aurait une apostrophe s'il n'est pas prononcé. Il /eksèl'/.

Promouvoir sérieusement de telles évolutions ferait donc surgir aussi des obstacles. Pourquoi tenter de rendre dans le code actuel de l'écrit la réalité d'une prononciation qui est rarement la seule possible? On préfère un code écrit unique car il permet de fermer les yeux sur des prononciations diverses, difficiles à discerner et plus encore à fixer. Mais le français devient alors, un peu comme le chinois, une langue dont l'unité est surtout dans son apparence écrite.

On trouve même assez normal, parfois, de voir la prononciation rejoindre la graphie. Il y a par exemple des è qui peuvent devenir é.
Nous ne devons pas céder à ce chantage exercé par les extr__mistes.
1 e
2 é
3 è
4 ê
Les Jeunesses hitl___riennes se réunissaient au son de la musique wagn___rienne.
1 e, e
2 è, e
3 è, é
4 é, é
Pendant ses vacances à Chypre, mon correspondant, un Li___geois, s'est épris d'une étudiante ath___nienne.
1 e, é
2 é, é
3 è, e
4 è, é
Pendant deux jours, les cég___piens de la région de Québec se sont réunis à l'occasion du Colloque sur l'information québ___coise.
1 e, e
2 é, é
3 è, è
4 e, é
Réaction 22


Si la syllabe qui suit /è/ n'est pas muette, non seulement la tendance est de garder le é, mais la prononciation tend à rejoindre la graphie et on prononce souvent /é/.

Dans les emprunts, faut-il attendre que le mot se francise pour que les accents s'ensuivent (bénédicité)?
Avez-vous le p__digr__e de mon chien?
1 é, é
2 e, é
3 é, e
4 e, e
Le lis__ré de son veston représentait de minuscules __delweiss.
1 e, e
2 é, e
3 (1 ou 2, au choix)
4 é, é
Réaction 23


La présence d'un accent est un signe typique de francisation mais c'est la fréquence de l'emploi qui devrait jouer comme déterminante pour l'entrée du mot dans la langue. Un autre indice, plus sûr que la graphie, est la formation de dérivés avec suffixes français (downloader). Les emprunts dotés d'une famille française ne peuvent être considérés comme des emplois occasionnels : ils sont entrés dans la langue Et les noms propres? D'un emploi moins fréquent, les noms propres étrangers sont facilement utilisables sous la forme adjectivale (suffixe -ien). Alors qu'ils gardent normalement graphie d'origine (l'univers marquezien), le suffixe peut la leur fait perdre : Nietzsche (pron. Nitch', avec un e muet, alors que l'allemand prononce é) en face de une exaltation nietzschéenne (pron. /éè/).

Signalons enfin il paie et il paye, où le é et le è sont en concurrence sans que l'accent puisse venir les désambiguïser. Si on doit renoncer à toute modification de l'écrit, il faudra du moins enseigner que le groupe aie est un groupe ai (/è/) allongé alors que le y est un jod avec lequel le e forme une syllabe muette (qui peut se réduire à la semi-consonne initiale et qu'on pourrait transcrire ay').

Accent grave sur ou et a.

L'accent aigu ne concerne que le e. L'accent grave se rencontre-t-il aussi sur une autre voyelle?
Voil____ trois mois que j'attends; cel____ est inadmissible.
1 a, a
2 a, à
3 à, a
4 à, à
Qu'elle m'aime __ qu'elle ne m'aime pas, __ en suis-je?
1 ou, ou
2 ou, où
3 où, ou
4 où, où
Le village est ___ deux kilomètres, en deç__ de la rivière.
1 a, a
2 à, a
3 à, à
4 a, à
___ commence à bourgeonner; on voit ___ et ___ des boutons gros comme ___.
1 Ça, ça, la, ça
2 Ça, çà, là, ça
3 Ça, çà, là, çà
4 Çà, ça, la, çà
Ç___, alors! c'est le comble! Ah ç___! pour qui me prenez-vous?
1 a, a
2 a, à
3 à, à
4 à, a
Le morphème la s'écrit-il parfois avec un accent grave?
1 Quand il est pronom. (Je ___ regarde)
2 Quand il est adverbe de lieu. (Je te vois ___)
3 Quand il est interjection. (__! reste calme)
4 (Autre chose)
Ça prend la cédille, mais quand prend-il un accent grave?
1 Quand il est adverbe de lieu. (On a essayé __ et là)
2 Quand il est pronom. (Tout ___ est fichu)
3 Quand il est interjection. (Ah! __, jamais de la vie)
4 (1 et 3)
Réaction 24


Et sur les majuscules, mettriez-vous des accents?
Descendez à la station ___le-Sainte-Hélène et allez dans la direction de l'ancien pavillon des ___.-U.
1 I, E
2 I, É
3 Î, E
4 Î, É
___vitez le plus possible, dans votre correspondance, les sigles du type M.___.Q. (pour ministère de l'___ducation du Québec), avait-il conseillé sur un ton caustique.
1 E, E, E
2 E, É, E
3 É, E, É
4 É, É, É
Les institutrices à la retraite ne veulent plus que la C.___.C.M. fasse porter sur leurs chèques de pension la mention RETRAIT___E.
1 E, E
2 E, É (maj. avec accent)
3 É (maj. avec accent), E
4 É, É (deux maj. avec accent)
Réaction 25


La question est litigieuse. On peut trouver des explications étendues sur le site de druide, à l'adresse internet suivante : http://www.druide.com/points_de_langue_08.html

Disons pour résumer que oui, même si la place manque, mieux vaut mettre l'accent, pour éviter les équivoques (UN INTERNE TUE). Les sigles font exception, cependant, quand ils sont traités comme des mots nouveaux et non comme des abréviations. Cela peut modifier le timbre initial des e.

Le circonflexe.

À quoi sert encore l'accent circonflexe? (Vu le grand nombre de QCM présentées ici, ne choisissez que celles qui peuvent vous être le plus utiles!)
Å ce petit thé___tre, les murs sont de pl___tre et d'une teinte bleu__tre.
1 a, â, a
2 â, â, â
3 â, a, â
4 a, â, â
La fierté moyen__geuse interdisait de b__cler la construction des ch__teaux et des cathédr__les.
1 â, â, â, â
2 â, a, â, a
3 â, â, â, a
4 a, â, a, â
Sous un masque douce__tre, quelle __crimonie, quelle __preté!
1 â, â, â
2 â, a, â
3 â, a, a
4 a, â, a
Tous les pédi__tres ne sont pas psychi__tres.
1 a, a
2 â, a
3 a, â
4 â, â
Ceci est un r__teau à r__teler le foin et non à r__tisser le jardin.
1 â, â, a
2 â, a, a
3 a, a, a
4 a, a, â
Le p__tre n'a que vingt __cres pour ses deux cents brebis.
1 a, a
2 â, a
3 â, â
4 a, â
Quelle t__che, de h__ler ces ép__ves!
1 â, â, â
2 â, a, a
3 â, â, a
4 a, a, â
B___iller d'ennui et b___yer aux corneilles auraient dû s'écrire de la même façon. En effet, ces deux mots ont la même étymologie.
1 a, a
2 â, a
3 â, â
4 a, â
L'orignal br__me d'une voix r__peuse.
1 â, â
2 â, a
3 a, â
4 a, a
Il y avait des dég__ts, un vrai g__chis.
1 â, â
2 â, a
3 a, â
4 a, a
Ces supr__mes efforts l'ont conduit à la dernière extr__mité.
1 ê, ê
2 è, é
3 ê, é
4 (Autre chose)
Élégamment v__tue, elle s'appr__te à prendre l'avion pour l'île de Cr__te.
1 è, è, è
2 ê, ê, è
3 ê, è, è
4 ê, ê, ê
Les gr__lons tombent sans tr__ve et crépitent sur un vieux po__lon abandonné.
1 ê, ê, ê
2 e, è, e
3 ê, è, ê
4 è, è, ê
On vous le réparera, votre embl__me en cuir façonné, mais il faudra appliquer le bar__me. Je vais chercher une al__ne.
1 ê, ê, ê
2 è, è, è
3 è, è, ê
4 (Autre chose)
Pour le capitaine, la perte de son b__timent était le plus terrible des ch__timents.
1 â, â
2 â, a
3 a, â
4 (Autre chose)
--- Sans dipl__me, je compte vivre d'aum__ne. --- Ainsi éviteras-tu d'avoir à payer tes imp__ts...
1 ô, ô, ô
2 ô, ô, o
3 o, ô, o
4 ô, o, ô
La z__ne de dép__t des immondices doit être entourée d'une cl__ture.
1 ô, ô, ô
2 ô, o, ô
3 o, ô, ô
4 ô, o, o
Ils veulent __ter le pyl__ne pour bâtir un entrep__t.
1 ô, ô, ô
2 ô, ô, o
3 o, ô, o
4 o, o, ô
Regardez, sur la c__te, le nouvel h__pital, symb__le du progrès.
1 ô, ô, ô
2 ô, ô, o
3 ô, o, o
4 o, ô, o
On voit les matel__ts r__der du c__té des tavernes.
1 ô, ô, ô
2 o, ô, ô
3 o, o, ô
4 ô, ô, o
Le premier axi__me de la lutte contre le ch__mage est la prom__tion de l'instruction publique.
1 ô, ô, ô
2 ô, ô, o
3 o, ô, o
4 ô, o, ô
Le qualificatif tiré d'arôme prend-il l'accent circonflexe?
1 Oui.
2 Non.
3 (Cela dépend)
4 (Il n'y a pas de qualificatif tiré d'arôme)
Le qualificatif correspondant à cône prend-il l'accent circonflexe?
1 Oui.
2 Non.
3 (Selon le contexte)
4 (Selon le sens)
Quel est le qualificatif correspondant à symptôme? --- Sympt__matique.
1 ô
2 o
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Il voulait une vie d'artiste, de _____.
1 Bohême
2 bohême