Une grammaire naturelle fait appel au référent et à la situation de communication. C'est là que
prend place le sens. Et les formes grammaticales (pluriel ou non, féminin ou non, 1re , 2e ou 3e
personne, etc.) indiquent justement un espace, un emplacement, un moment pour les idées, dans
l'environnement immédiat des interlocuteurs. Le verbe comme son sujet prennent diverses formes
qui permettent de situer l'action. Ils s'accordent tous les deux avec ce qui les situe
pragmatiquement, concrètement. Leur accord entre eux est le résultat de leur situation.
Nous sommes ___ clients qui attend___ la livraison de ____ sacs de riz.
1) les, ent, leurs 2) des, ons, nos
3) (Selon le contexte) 4) (Autre chose)
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Rép. Selon le contexte. Avec les, ils sont connus des préposés et donc vus de
l'extérieur (3e personne). Avec des, ils ne le sont pas encore et donc en train
d'introduire leur réclamation (1re personne).
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C'est la relation entre le référent et les interlocuteurs qui est marquée par ce qu'on appelle
l'actualisation. L'accord n'intervient qu'ensuite, pour vérifier que la diversité des marques possibles
a été réduite de manière harmonieuse, c'est-à-dire la même partout. L'accord, au sens strict du
mot, ne concerne pas les marques formelles comme telles mais leur identité quand il y en a plus
d'une pour le même référent (Dans nous savons, le -ons marque la même chose que le nous.)
Il s'ensuit que, stricto sensu, le verbe ne s'accorde pas avec son sujet ni inversement mais que le
verbe, dans sa terminaison, et son sujet, comme pronom ou comme groupe du nom, s'actualisent
avec le référent... et comme c'est le même pour les deux, quand ils reçoivent la même forme, cela
s'appelle l'accord.
L'accord est donc ici d'emblée clairement défini. Nos comme nous sont des mots
grammaticaux qui visent la position du lexème savons dans son environnement et qui l'actualisent
selon sa nature (le verbe a besoin d'un pronom, le nom d'un article ou d'un adjectif autre que le
qualificatif) et dans l'environnement (par rapport au locuteur). L'accord est la cohérence de
l'actualisation. Si le contraire est admis par l'usage, on parle d'accord «selon le sens», de syllepse.
Au sens strict, l'accord est une actualisation cohérente. On appelle syllepse (ou accord
sylleptique) les incohérences d'actualisation (Ex. "Le monde... sont drôles"). On ne traite ici que des
actualisations cohérentes (les accords). Les incohérentes sont dans le module 10. Par contre, on
traite ici de l'actualisation en général, pour le verbe (les modes, les temps, les aspects).
Tous les morphèmes grammaticaux ne sont pas des actualisateurs.
Il y a aussi des liens. On observe que le lien prend toujours place au début du syntagme,
avant les actualisateurs, et qu'il peut se détacher assez facilement (ex. : après la pluie, après que
tu auras répondu, après que la cliente aura répondu). Tous les autres mots grammaticaux
actualisent, soit comme actants (pour le verbe), soit comme déterminants du nom (les adjectifs
possessifs, etc.), soit encore comme intensifs, pour les qualifiants (si pâle).
Le syntagme a toujours la même structure : lien, actualisateur, mot lexical. Le noyau est
lexical, il est choisi de par son contenu conceptuel mais sa terminaison vise quelque chose dans
la réalité (le référent), et son actualisation aussi vient de l'environnement des locuteurs. L'idée et
le lien environnemental ayant pris place dans la communication, l'accord consiste à donner à des
marques multiples des valeurs qui ne soient pas incohérentes. On évite évidemment notre savons,
vos savon, nous sais, etc.
Le principe de l'accord, c'est donc qu'on ne peut actualiser les groupes de façon
incohérente. Le possessif change d'après le nombre de possesseurs (mon / notre). Ex.
Ils connaissent ça comme leur poche.
(Éviter la locution, pourtant plus courante, comme sa poche.)
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Comment remplacer ils en vue de garder telle quelle la locution figurée comme sa poche?
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