L'actualisation. 75 interactions. 197 QCM.

La forme actualise.

Observons quelques variations de forme. Ont-elle un rôle à jouer qui leur appartienne rien qu'à elles?
Nous empruntions une étroite ruelle, cach__ par un dédale de hangars et de clôtures.
1 ée
2 és
3 ées
4 (Selon le sens)
Il n'était pas facile de ___ débrouiller tout seu___.
1 se, l
2 se, ls
3 (Rien), l
4 (Selon le sens)
Réaction 1


Voici un graphe de statistiques.


QCM  2102                     # 85       |100%              ·
Lot  Québec   Cycle 14         Presque   |   |              ·         111111
        %       Niveau    Discriminance  |   |    11111111111111111111
3       01      9.51      0.29           |   |1111          ·
4*      22      2.18      0.34           |   |              ·
1       75    -15.86      0.14           |   |              ·
2       02      0.00      0.00           |   |              ·
-----------------------------------------|   |              ·
Nous empruntions une étroite ruelle,     |   |              ·
cach__ par un dédale de hangars et de    |   |              ·           4444
clôtures.                                |50%|······················44···
1)     ée                                |   |              ·      444
2)     és                                |   |              ·    44
3)     ées                               |   |              · 444
4)     (Selon le sens)                   |   |            4444
                                         |   |         444  ·
                                         |   |    44444     ·
                                         |   |4444          ·              3
                                         |   |              ·    3333333333
Les trois quarts optent pour cachée, estimant qu'il s'agissait d'orner son style pour parler d'une simple ruelle mais les plus futés (deux écarts-types au-dessus de la moyenne) prennent Selon le sens, voyant bien que nous pourrait désigner des héros féminins aussi bien que masculins et que ce sont eux qui cherchent peut-être à se cacher.

De même, on aurait pu avoir toute seule ou toutes seules aussi bien que tout seul ou tout seuls. On saurait alors à qui on avait affaire. Les variations en genre et en nombre permettent donc d'établir comment l'idée sémantique prend place dans le monde référentiel.

Les variations de forme sont les terminaisons, héritage du latin. Certaines langues ont des mots distincts pour annoncer le pluriel, la personne, le sexe, etc. En latin, les déclinaisons et conjugaison permettaient de placer beaucoup d'indications dans le suffixe, en le faisant varier. Ex. : Omnibus, en ajoutant -bus à omnis (qui veut dire «tout» : comme dans omnivore, «qui mange de tout») forme le datif pluriel (datif, cas du complément indirect = à). Un omnibus est donc un véhicule qui s'arrête à tous les (arrêts).

Le français a gardé une bonne partie de la conjugaison latine mais presque rien des déclinaisons (variation des noms). Ne survivent que des traces de féminin ou de pluriel. Presque toute l'actualisation prend place devant le lexème (article, adjectif, pronom). Ex. Amamus => nous aimons, ou nous, pronom, indique un pluriel, et la personne de ceux qui parlent; -ons est redondant et pourrait disparaître (sauf à l'impératif).

Mais pourquoi indiquer le nombre, le sexe, la personne, le temps, etc.? N'est-ce pas suffisant d'avoir des mots lexicaux qui ont leur sens? Les mots grammaticaux ont-ils un rôle bien à eux? Quel pourrait être ce rôle? Mettre un peu de souplesse dans la phrase? Faire alterner les mots courts et les mots plus longs pour favoriser un certain rythme poétique?
_____ dépenses sont _____ portées sur une carte de crédit.
1 Toutes mes, toutes
2 Mes ... toutes
3 (N'importe)
4 (Selon la connotation)
C'est alors qu'elle a commencé à compenser ___ frustrations par ___ paroles amères.
1 ses, ses
2 ses, des
3 des, ses
4 des, des
Dans sa hâte, il a empoigné ____ n'importe quoi.
1 un
2 du
3 (Rien)
4 (Selon la nuance de sens)
Réaction 2


Leur rôle est proprement linguistique et non rythmique. Voyons quelles seraient les possibilités les plus voisines. On vient de voir, dans le module sur le qualifiant, que certains morphèmes qualifient (très, trop, si). On avait vu aussi que d'autres liaient (et, avec, à, de). Les adjectifs et pronoms ont aussi un rôle à jouer vis-à-vis des lexèmes, qui sont les noyaux de leurs groupes : ils les actualisent. Ils les sortent de leur intemporalité et de leur abstraction et les aident à viser quelque chose dans le monde environnant : à atteindre un référent. Par exemple, le s du pluriel marque l'existence de plus d'un objet dans l'environnement des locuteurs. Le -ées de cachées, ci-dessus, montre que nous est une petite bande de jeunes filles. Suite à l'actualisation, le lexème passe du rang de concept a priori à celui de réalité.

Est-il nécessaire de répéter les actualisateurs dans chaque mot phonétique? Tout lexème exige-t-il pleine actualisation?
Les Hurons croyaient à l'immortalité. Ainsi, ils craignaient les défunts, tout en les aimant, _____ vénéraient leur mémoire.
1 et
2 et ils
3 (N'importe)
4 (Selon la nuance de sens)
Nous sommes loin d'être subventionnés par les États-Unis et ______ occupons des intérêts brésiliens.
1 nous
2 nous nous
3 (N'importe)
4 (Selon le contexte)
Il traversa la rue et _____ en même temps.
1 lisait
2 il lisait
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
Réaction 3


Non seulement les actualilsateurs ont tendance à se répéter mais ils reçoivent en outre les mêmes marques que les mots auxquels ils s'attachent : le e du féminin, le s du pluriel pour le nom, l'adjectif, le pronom; le nt pour le verbe. Ces marques sont des variations de forme (en termes savants : des variations morphologiques) mais ce qu'elles disent est l'actualisation, avec de la redondance. Ex. : le féminin pluriel (ces jolies fillettes) sera visible à trois endroits : l'article, le nom, le qualificatif. Et cela crée un souci de cohérence (on l'a vu ci-dessus, au chapitre Accord du verbe). Partout dans ses textes on doit éviter les erreurs immédiatement visibles du type : ces joli fillette.
La cohérence des accords peut poser de réels problèmes, notamment pour le complément du nom, où la logique veut avoir son mot à dire.

Accord du nom dans le complément du nom.

Faut-il accorder le nom complément sans article? Un cure-dent(s)? S'il ne fait que qualifier, on pourrait ne voir qu'une idée plutôt que les référents, et donc le laisser invariable. Un moulin à vent. Mais : une brosse à dent(s)? Un accélérateur de particule(s)?
Je vais noter vos points de vu__. Je vous ferai part ensuite de mon point de vu__.
1 e, e
2 es, e
3 es, es
4 (Selon la nuance de sens)
Pour la scène de l'accident, on s'est contenté d'une seule prise de vu__.
1 e
2 es
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Et que dire des chapeaux de femm__ garnis de plumes de pao__!
1 e, n
2 es, n
3 e, ns
4 es, ns
Il souffre d'un mal de den__, le pauvre, et est parti se faire soigner.
1 t
2 ts
3 (N'importe)
4 (Selon le contexte)
Les villes d'ea__ étaient fort fréquentées à la fin du siècle.
1 u
2 ux
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Réaction 4


La tendance générale, s'il y a une hésitation dans l'air, est de mettre le singulier. On dit de plus en plus une ville d'eau, sans x, même si on n'a jamais dit que prendre les eaux (mais c'est qu'on ne le fait plus, après tout, c'est passé de mode). Il y a sur Google (septembre 2005) cinq fois plus de brosse à dents que de brosse à dent. C'est que tout le monde se brosse les dents; quatre fois plus d'accélérateur de particules que d'accélérateur de particule. Elles sont si minuscules! Impossible d'en considérer une à la fois, physiquement.

La logique, la simple rationalité, mais aussi les tournures de phrases habituelles ont donc parfois des pluriels à promouvoir. Le singulier n'en garde pas moins son attrait. Deux raisons à cela : ou bien on n'a pas eu le temps de penser à un accord (j'ai même pu lire sur internet : J'ai mal au dent), mais ce sont alors les strates des compétences inférieures (elles sont au sommet des graphes) ou bien on a voulu rester au niveau abstrait (et la compétence est alors élevée au contraire).

A-t-on raison ou tort de se poser des questions du genre : la brosse à dents ne concerne-t-elle qu'une seule dent? Pourquoi actualiser alors que, justement, on évite d'employer l'article?
Il s'est spécialisé dans la construction des maisons de briqu__.
1 e
2 es
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Réaction 5


L'examen approfondi de quelques cas divergents débouche peut-être sur une explication naturelle. Voici le graphe des réponses à Paris puis dans les cégeps.


QCM  2707                                100%|              ·
Lot  FRpa0A   Cycle 28         Valide    |   |              ·
      %      Niveau    Discriminance     |   |              ·
3*    14      4.64        0.23           |   |              ·              1
4      7      3.60        0.22           |   |              ·           111
1     38     -0.48        0.49           |   |              ·         11
2     41      0.00        0.00           |   |              ·      111
-----------------------------------------|   |              ·    11
Il s'est spécialisé dans la              |   |              · 111
construction des maisons de briqu__.     |   |              11
1) [2] e                                 |0.5|············11················
2) [1] es                                |   |         111  ·           4444
3) [3] (Au choix, mais de préférence 1)  |   |       11     ·      444443333
4) [0] (Au choix, mais de préférence 2)  |   |      1       · 4444433333
                                         |   |    11      444433333
                                         |   |1111444444443333
                                         |   |444433333333  ·
                                         |   |3333          ·
QCM  2707                     # 469      |100%              ·
Lot  Québec   Cycle 14         Valide    |   |    22222222222222222222222222
      %       Niveau      Discriminance  |   |2222          ·
3*    20        2.52      0.35           |   |              ·
4      6        1.89      0.35           |   |              ·
1     30      -15.97      0.01           |   |              ·
2     44      -22.00      0.13           |   |              ·
-      1        0.00      0.00           |   |              ·
-----------------------------------------|   |              ·              4
Il s'est spécialisé dans la              |   |111111111111111111111111114443
construction des maisons de briqu__.     |50%|·······················44333·
1)     e                                 |   |              ·      44433
2)     es                                |   |              · 44444333
3)     (Au choix, mais de préférence 1)  |   |              4433333
4)     (Au choix, mais de préférence 2)  |   |            4433
                                         |   |       4433333·
                                         |   |    44433     ·
                                         |   |3333333       ·
On observe beaucoup de ressemblance (l'ordre des strates, les pourcentages) et comme différence frappante, la discriminance de la strate 1, très forte à Paris (0.49) et nulle au Québec (0.01). Ceux qui appliquent la règle sont donc aussi nombreux mais au Québec, ils sont distribués à tous les niveaux, tandis qu'à Paris, il y en a plus parmi les meilleurs que parmi les autres, d'où le niveau moyen plus élevé. Or de part et d'autre les plus habiles sont les tolérants, ceux qui perçoivent la double interprétation sans doute : les briques ou de la brique.

En théorie linguistique, c'est l'occasion de rappeler que le singulier est non marqué par rapport au pluriel. Le pluriel exclut le singulier parce qu'il est l'élément marqué du système des nombres. Si on met le pluriel, il doit y avoir une raison. On peut opter pour le singulier uniquement parce qu'on n'a pas de raison de mettre le pluriel. Le pluriel indique une pluralité mais le singulier n'indique pas l'unicité comme telle : en effet, il peut aussi désigner l'idée de la chose, de façon générale. (L'homme est un animal social.)

A-t-on une bête à cornes parce qu'on parle toujours de plusieurs cornes (exception: la licorne, mais elle n'est pas dans le domaine agricole)? Pas exactement. Le complément du nom est une idée et n'a pas besoin d'actualisation, en principe. Il peut arriver que le pluriel fasse partie de l'idée, qu'il soit essentiel. C'est le cas des cornes de la bête, car la bête n'est pas en relation avec une corne mais avec les deux. S'il est exact que la qualité, par elle-même, n'a pas besoin d'actualisation, parfois, certaines qualités doivent être mises au pluriel parce que celui-ci fait partie de l'idée. Ce qui caractérise le bétail est d'avoir des cornes. Ce n'est pas le cas dans une maison de brique. Il y a évidemment plus d'une brique dans le référent mais dans l'idée, c'est global, c'est de la brique comme ce pourrait être de la pierre, du bois ou du ciment.
Les répondants ont bien vu la subtilité, validant la réponse Au choix mais de préférence brique. Ce sont les plus faibles qui optent pour un pluriel trop exclusivement concret. Il est donc intéressant, pour débrouiller ces imbroglios, de tenir compte de la logique, de ce qui se dit couramment, mais aussi de la part de contenu qui est apporté dans le texte respectivement par le référent (le réel visé), la racine lexicale (une idée), et les actualisateurs (terminaison et article). Ajoutons les liens (prépositions et conjonctions), qui introduisent le reste du texte. Il a lui aussi son rôle. Dans l'exemple ci-dessous, qu'est-ce qui est déplorable? Les choses ou leur état?
Cet état de chos___ déplorabl___ ne saurait durer.
1 e, e
2 e, es
3 es, e
4 es, es
Réaction 6


Le singulier est le choix du plus grand nombre, au Québec.


QCM 1808                      # 922      |100%              ·
Lot  Québec   Cycle 14         Valide    |   |       44444444444444444444444
      %         Niveau    Discriminance  |   |4444444       ·
3*    0.19      2.58      0.34           |   |              ·
+     0.01      2.45      0.35           |   |              ·
1     0.54     -5.49      0.11           |   |              ·              1
4     0.25    -21.72      0.13           |   |              ·    1111111111
2     0.01      0.00      0.00           |   |         1111111111
-----------------------------------------|   |  1111111     ·
Cet état de chos___ déplorabl___ ne      |   |11            ·              3
saurait durer.                           |50%|·························333·
1)     e, e                              |   |              ·         33
2)     e, es                             |   |              ·    ++333
3)     es, e                             |   |              · 33333
4)     es, es                            |   |              33
                                         |   |         33333·
                                         |   |       33     ·
                                         |   |3333333       ·
                                         |   |              ·
Seulement 19% des répondants font l'analyse qui permet d'arriver à la bonne réponse prévue mais ce sont les plus habiles, ce qui valide la question. 54% met chose au singulier et dès lors, par cohérence, déplorable aussi. Les 25% qui mettent le pluriel à déplorable sont les plus faibles. En somme, c'est le pluriel de choses qui est la principale difficulté. Le sens exige-t-il vraiment le pluriel? Sans doute en vue de concrétiser un peu le mot chose, si vague sans actualisation.

Ce n'est pas la chose (il faudrait savoir laquelle) mais les choses (tout ce qui est là) qui sont dans cet état.

Les actualisateurs.

Les terminaisons n'étant pas les moyens d'actualiser les plus évidents, ce sont de petits mots placés devant le lexème qui font tout le travail, en français. Mais quelle est la nature de ces mots qui marquent un rapport avec l'environnement? Comment les appelle-t-on, quand ils sont devant le nom? Ou devant le verbe?
Aujourd'hui, pour éviter _____, les gens sortent avec un parapluie même sous le soleil.
1 l'ennui
2 de l'ennui
3 des ennuis
4 les ennuis
Où est-il, ____ député gauchiste de cette assemblée?
1 le
2 ce
3 notre
4 un
"C'était la première fois qu'il allait à un match de boxe (lequel combat resta gravé dans son esprit pendant des années) et quel combat!" Les actualisateurs du lexème nominal sont: ________.
1 les articles et les adjectifs autres que "qualificatifs"
2 les articles, les démonstratifs, les possessifs et les indéfinis
3 un, quelque, ce, le, mon, chaque, ils
4 tout, plusieurs, certain, comment
"Nul ne fut vainqueur." Certains actualisateurs du groupe nominal, s'ils sont employés sans lexèmes, peuvent avoir une fonction dans le groupe verbal. Ils deviennent donc des ______.
1 qualifiants
2 pronoms
3 morphèmes
4 (Autre chose)
"Lui, je le retiens." Lui et le ________.
1 ont la même forme
2 désignent deux personnes
3 sont dans le même groupe syntaxique
4 (Autre chose)
"Chacun pense d'abord à soi." Soi est ________.
1 un nom
2 un indéfini
3 un actualisateur atone
4 (Autre chose)
"Y avait-il là rien qui puisse la retenir?" Rien est ________.
1 substantif (lexème)
2 qualificatif (adjectif verbal)
3 pronom (actualisateur du groupe verbal)
4 adverbe de négation (morphème qualifiant)
"Jamais il ne s'est demandé comment il ferait sa connaissance, ni comment ils se lieraient assez l'un à l'autre pour former un couple, et pourtant c'est arrivé." (Simenon, le Fils Cardinaud). Distinguez les mots qui ne sont que des morphèmes actualisateurs.
1 Jamais, il, s', il, sa, ils, se, l', l', un, c'
2 il, ne, s', comment, il, sa, comment, ils, se, l', un, l', autre, un, pourtant, c'
3 il, s', il, sa, ils, se, l', l', un, c'
4 il, il, sa, ni, ils, se, l', l', un, c'
Réaction 7


L'article (le, la, les, entre autres) et le pronom (le, la les aussi, entre autres) sont des mots grammaticaux qui actualisent le noyau de leur groupe. Pour le nom, outre les articles, il y a les adjectifs possessifs (leur), démonstratifs (ce), etc. ; parallèlement, pour le verbe, il y a les pronoms personnels (leur), démonstratifs (ce), etc. Que diriez-vous : Ont-elles (son / leur / leurs) bouquet(s)?
Réaction 8


Avec leur, ce sera chacune le sien. Avec son, celui de quelqu'un(e) d'autre. Avec leurs... il y a plusieurs bouquets, sans que l'on puisse savoir à qui ils sont. Chaque phrase tire le parti qu'elle peut des paradigmes présents dans la langue et des éléments de l'environnement, à rendre présents par l'actualisation.
Grosso modo, ce chapitre sur l'actualisation porte sur ce qu'on appelle souvent les déterminants. On a vu que tout groupe syntaxique actualisait son noyau lexical avant de le lier au reste de la phrase. Les déterminants actualisent un noyau nominal (le lion). Y a-t-il des actualisateurs pour les qualifiants? Et pour les verbes?
Réaction 9


L'actualisation du noyau lexical ne concerne pas seulement le nom. Certes, le qualifiant, adjectif ou adverbe, se passe d'actualisation (puisqu'il suffit d'un concept pour prédiquer) mais le verbe, lui, a besoin d'une actualisation si poussée qu'elle devient une actanciation (je te le dis) Pour cela, il prend des terminaisons (-ons, -ez, -ent au pluriel) mais surtout, il s'entoure de plus d'un morphème (les pronoms personnels).

Le système des morphèmes du verbe est-il très différent de celui du nom? Rencontre-t-on auprès des deux les mêmes mots grammaticaux? Le, la, les par exemple?
Réaction 10


Le, la, les sont pronoms ou articles (il les livre, les livres). Peuvent aussi servi dans les deux cas : un seul, aucun, nul, plusieurs, beaucoup, tout, ce, certains, certaines, même, et les relatifs lequel, laquelle, lesquels, lesquelles.

Il y a plus d'actualisateurs pour le verbe que pour le nom parce que l'actanciation va plus loin que l'actualisation. Elle met en jeu des fonctions (sujet, objet, ...) On y reviendra dans le module suivant.

Pour comprendre l'actualisation, il faut d'abord la situer dans son lieu, qui est le groupe syntaxique, donc une dimension intermédiaire entre la phrase ou l'acte de parole et le phonème ou la lettre : le plus souvent, la dimension de l'actualisateur est d'une seule syllabe. Vous souvenez-vous de ce qui a été défini comme «groupe syntaxique», lors de l'étude des formes verbales? Comment peut-on les reconnaître? Par le type de mots qui le constitue? Ou sur le plan sonore?
Quels sont les éléments qui peuvent entrer dans le groupe nominal (et donc dans le groupe prépositionnel)? Å côté du substantif (nom propre ou nom commun), on trouve ________.
1 un actualisateur (article, possessif, indéfini)
2 qqch. qui indique la fonction (une préposition ou seulement la place du groupe par rapport au verbe)
3 un qualifiant (adjectif ou complément du nom)
4 (Les trois réponses sont bonnes.)
Réaction 11


Le syntagme ou groupe syntaxique est un groupe de mots ayant une fonction syntaxique, donc dans le co-texte. Le groupe syntaxique est délimité par un allongement de la syllabe finale, ce qui en fait un seul "mot phonétique". Sa définition est plus aisée, et son identification plus facile, oralement, que celles du mot et de la phrase. Seules les interjections échappent à la définition de la cellule syntaxique, car elles échappent à la syntaxe.

La phrase est souvent prise pour un acte de parole (d'où l'idée de «mot-phrase») et le mot est identifié avec l'unité graphique. Isoler des mots phonétiques est un progrès important dans l'analyse du texte car on détient ainsi des cellules syntaxiques, susceptibles de déplacement et de combinaison, ce qui serait la meilleure façon d'entamer une analyse qui débouche sur des catégories constantes, critériées par leur forme et leur fonction. En voici un exemple.

Le député! est un groupe de mots ayant une fonction (un groupe syntaxique) et aussi une phrase, exclamative (un acte de parole avec sa fonction énonciative), ou encore, on peut dire que c'est une phrase nominale (c'est-à-dire sans verbe). Mais tout cela n'est possible que grâce à cet assemblage d'un vocable, député, qui est un mot lexical, avec un mot grammatical tout léger (une syllabe muette), le.

On peut dire que l'actualisation est ce qui fait du mot un syntagme. Elle se réalise par la présence d'un morphème, mot grammatical qui donne une forme, et qui est donc un actualisateur. Mettre le devant député, c'est placer la notion véhiculée par le lexème dans un environnement par lequel l'ensemble va pouvoir viser qqch. de réel, un référent. Quel environnement? L'environnement de la planète? Celui de quoi? Ou de qui?
Réaction 12


Celui de quelqu'un qui profère, sur le ton approprié, ce mot, cette phrase. En s'écriant : «Le député!», on sait déjà de quel député il s'agit, probablement. Si on ne le savait pas, on aurait dit autre chose (Un par exemple, ou ce ou mon député!) Ici, donc, le place député dans le co-texte immédiat (ce qui vient d'être dit ou va l'être).

Cette actualisation avec l'article dit défini est sans doute la plus courante. Les liens des substantifs se font surtout avec ce qui précède ou suit immédiatement dans le texte. Appeler le article défini ne dit pas grand-chose: article = "petit mot" et défini s'oppose à indéfini (l'article indéfini est un). Évidemment, il y a bien d'autres actualisateurs qui sont soit définis (au sens large du mot) soit indéfinis. Et l'article n'est qu'un "petit mot" parmi d'autres, qui n'ont qu'une syllabe muette comme lui (me, te, se, ne, de, que). Si vague qu'elle soit, cette appellation est toutefois intéressante parce qu'elle semble donner une place précise et importante à le. Quand on parle d'article, il ne faut cependant pas perdre de vue qu'il ne s'agit que d'une des façons de sortir le lexème de son isolement. Par soi seul, il est lexical, doté de sèmes mais sans point d'attache dans le monde réel, celui de la communication actuelle. Par l'actualisation, on lui fait viser un référent et donc rejoindre quelque chose qui existe, dans l'environnement des locuteurs. Les adjectifs possessifs (mon, ton, son; ma, ta, sa; etc.) sont aussi des actualisateurs. Les démonstratifs (ce, cet, cette, ces) également. Et même les numéraux (deux, trois...). Et encore : les prétendus adjectifs indéfinis (tout, chaque, même, quelque, aucun). Ce sont des actualisateurs mais tout proches des qualificatifs. Il suffit de les examiner pour constater que les qualifiants et les actualisateurs se touchent (voir le tableau, en fin de chapitre ) Et il faudrait leur adjoindre les interrogatifs et les relatifs (quel, quelle, quels, quelles; lequel, laquelle, lesquels, lesquelles). On peut maintenant chercher un terme qui puisse désigner l'ensemble.

Quel terme conviendrait le mieux? Actualisateur? Morphème? Déterminant?
Réaction 13


Les grammaires récentes qui s'inspirent de la linguistique ont reconnu la parenté de rôle de tous ces morphèmes et elles leur ont donné le nom de déterminants. Si nous préférons celui d'actualisateurs, c'est qu'il précise davantage ce rôle; sans compter que le mot déterminant est équivoque, car il y a aussi des déterminants parmi les qualifiants du nom, où ils s'opposent aux caractérisants (Ex. la bicyclette bleue / la vieille bicyclette). Actualiser un mot lexical, c'est le sortir du dictionnaire, où sa forme est nue, hors contexte («Savon» quoi? Pourquoi dis-tu «savon»?) et lui faire dire quelque chose; quelque chose qui concerne les interlocuteurs («le savon», «pass'-moi l'savon»).

On actualise les noms et les verbes : pourquoi n'actualise-t-on pas les qualifiants, pas plus d'ailleurs que les noms propres?
Demain, je voudrais te voir à tou____ prix.
1 t
2 s
3 (Au choix)
4 (Selon le sens)
Identifiez les noms propres. Mars 1973. Le ministre des affaires intergouvernementales, monsieur Gérard-D Lévesque, dépose un rapport recommandant des dispositions à prendre pour que le nouvel aéroport du Québec --- celui de Mirabel --- devienne l'un des principaux ports de transbordement de fret du Nord-Est de l'Amérique.
1 Gérard-D. Lévesque
2 Gérard-D. Lévesque, Mirabel
3 Idem plus Québec, Nord-Est et Amérique.
4 Idem plus : mars, ministre et monsieur.
Réaction 14


Avant de répondre à cette question, remarquons qu'elle envisage tous les cas possibles puisque, mis à part les mots grammaticaux et les interjections, il n'y a dans la langue que des mots lexicaux et qu'ils se répartissent en quatre classes: nom, qualifiant (qualificatif ou adverbe), verbe et nom propre. Du reste, ces quatre catégories correspondent passablement aux quatre catégories possibles des énoncés (des contenus de texte). Il s'agit d'objets constatés, d'idées ou de sentiments prédiqués, d'actions narrées ou de personnes qui communiquent entre elles. Les constatations visent des substances, comme font les noms (dits substantifs) ; les phrases prédicatives appliquent des idées ou des sentiments, comme font les qualifiants ; les narrations déroulent des actions, comme font les verbes ; les engagements réciproques concernent des personnes désignées par leurs noms propres.

On n'actualise pas les qualifiants parce que ces derniers n'ont besoin, pour atteindre leur but, que d'une chose: prendre leur place dans le texte, à proximité de leur noyau. Appliqués à un nom (blessure affreuse), à un verbe (se blesser affreusement), à une phrase ou à une personne (Affreux!) ils peuvent jouer leur rôle sans avoir besoin de marques supplémentaires. Ils n'ont pas à se situer dans l'environnement car ils avoisinent du texte déjà actualisé. Les qualités ne sont que des idées, ou des sentiments. Ce sont des impressions présentes, fugitives, personnelles, qui viennent s'attacher à ce qui était déjà là, dans le monde comme dans le texte, pour les colorer, les rendre réels. Les qualités sont des impressions subjectives attachées à des suites sonores. Ces impressions s'appliquent telles quelles, sans mot grammatical ni lien spécial, nuement, aux choses, idées, actions, personnes de la phrase où le qualifiant aura pris place.

Mais examinons la phrase suivante : Répondre ainsi, c'est bien (du) Marie. En position d'attribut (avec ou sans du), le nom propre devient qualifiant. Et ceci suffit à expliquer le masculin (un neutre qui correspond à l'absence de substance, comme dans: serez-vous courageuse? Je le serai).

Mais les noms propres, pourquoi se passent-ils d'actualisation, en français? (Ce n'est pas le cas en grec moderne, par exemple.) D'ailleurs voici des phrases où le nom propre a besoin d'une actualisation ; qu'en pensez-vous?

Il y a un Montréal en France; pas de Montréal sur cette carte; le vieux Montréal; ce Montréal attire les touristes. Vous direz : c'est un nom de ville mais prenez un nom de personne. - Eh bien : la Mariouche. Notre petit Piet est mort. Ce cher Piet était un lascar. Un Matisse. Du Mozart. C'est un Pic de la Mirandole.
Réaction 15


Les noms propres se passent d'actualisateurs pour une raison toute différente. Ils en reçoivent un facilement, du reste. Il suffit que leur rapport au réel environnant soit autre chose que le minimum requis pour désigner la personne dans son identité unique.

Ainsi, il y a une pluralité implicite pour il y a un Montréal en France; un niveau de langue

populaire dans la Mariouche, une synecdoque particularisante dans notre petit Piet est mort. Ce

cher Piet était un lascar (= ce garçon appelé Piet). Une métonymie, comptable, dans un Matisse, ou non comptable, dans du Mozart. Une comparaison implicite avec c'est un Pic de la Mirandole.

La dénomination propre consiste à réserver à un élément référencé un nom qu'il possédera seul (qui lui sera propre). Dans un tel cas, à quoi servirait-il encore d'actualiser? Plus de fossé entre le monde des concepts qui est celui des noms communs et la réalité référentielle! Le mot, peu conceptuel, est placé d'emblée dans cette réalité même! Ex. Voici Abeille (à comparer avec Voici une abeille).

Les noms «propres», distingués des autres mots par une majuscule, et déjà par leur sens même (heureusement, car ils n'ont pas de marque sonore), ont un rapport au monde réel qui ne passe pas par un sémantisme de type abstrait. Ils sont comme des étiquettes posées sur les objets mêmes du monde (noms de lieux, de personne, d'événements historiques). Leur signification est d'emblée une actualisation. Ils n'ont de sens que du fait qu'ils s'appliquent à quelque chose d'actuel et d'unique. S'il y avait, dans le contexte, plus d'un Napoléon possibles, l'article réapparaîtrait: le Napoléon de la famille, le Napoléon historique. On observe aussi l'apparition d'une détermination par complément ou par qualificatif. Or le annonce cette détermination (la bicyclette du film de la guerre de 40). C'est qu'elle est dans le co-texte immédiat, et le rôle de l'article défini est justement de renvoyer au co-texte.

Qu'est-ce qui est défini quand on parle d'article défini?
Réaction 16


Le noyau nominal précédé de le, la, les, donne le substantif qui suit comme situé par le texte antérieur ou immédiatement postérieur, comme déjà connu ou quasiment. Il actualise donc son noyau en le plaçant dans le co-texte, sans plus. C'est l'actualisation la plus courante.

Il n'existait pas en latin, mais il est tout de même d'origine latine, où ille, illa, illos, illas, qui sont devenus le, la, les étaient des démonstratifs (ce, celle, ces).

Les articles, les adjectifs possessif et démonstratif.

Pourquoi l'actualisation la plus courante est-elle le, la les, article défini? Est-elle l'actualisation minimale pour le groupe du nom? Renvoyer au co-texte n'est-il pas déjà assez remarquable? Y aurait-il une façon d'actualiser qui en dise moins? Ne serait-ce pas un, puisqu'on l'appelle article indéfini?
____ divorce est ____ événement qui perturbe l'ordre familial__.
1 La, une, le
2 Le, l', e
3 Le, un, (Rien)
4 Une, une, (Rien)
Le vieux baron aime raconter ____ histoires de chasse.
1 (Rien)
2 des
3 les
4 (Selon la nuance de sens)
Faites-vous vacciner dans ____ dispensaire le plus proche.
1 un
2 le
3 (Selon la nuance de sens)
4 (Autre chose)
Réaction 17


Le, la, les n'est pas la forme non marquée car elle a une valeur d'emploi distincte, si large soit-elle. Ce sera plutôt l'article un qu'on peut considérer comme l'actualisation minimale. Cet article, appelé indéfini pour cette raison, provient pourtant d'un numéral : un, dont le sens est évidemment très précis, mais qui s'est grammaticalisé. Cessant de désigner l'unité, il a pris un sens qui se réduit à une fonction grammaticale. Un présente le nom comme élément référentiel quelconque, pas nécessairement un seul ni le premier, ni dans un ensemble, mais dans une série : celle des référents qui peuvent recevoir le nom qui suit. Il concrétise le concept du nom commun mais ne fait rien de plus.

On utilise donc un quand on n'a pas de raison d'employer un autre actualisateur, qui serait plus spécifique. C'est le cas, notamment, quand il s'agit d'introduire quelque chose dont on n'a pas encore parlé (Ex. Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne).

Quel est le pluriel de un, une? Des n'est-il pas la contraction de de + les?
"Il est long de composter des brindilles. A composition chimique semblable, des matériaux plus tendres se décomposeront plus rapidement." La phrase contient ______ connecteurs et ______ morphèmes (y compris les morphèmes qualifiants).
1 deux, quatre
2 trois, cinq
3 quatre, six
4 deux, six
Réaction 18


Pourquoi faut-il un pluriel à un, une?! Et pourtant c'est des! Il faut savoir que un n'a pris sa valeur de terme neutre des actualisateurs du groupe nominal qu'au XVIIe siècle. C'est seulement alors que des est devenu son pluriel... On a pris comme toujours ce qu'on avait déjà de plus proche, donc de + les (le de partitif). Il y avait bien, aussi, au Moyen Âge, uns, unes, pour des paires ou des ensembles. Ces deux formes ne sont pas bizarres puisqu'elles subsistent dans quelques-uns, quelques-unes. Comme indéfini, elles auraient été naturelles. Elles se distinguaient mal dans la prononciation. On a préféré faire l'impasse sur la nuance partitive. Prendrez-vous des confitures pourra donc vouloir dire aussi bien : «un peu de celles dont il s'agit» que «quoi que ce soit qui s'appelle ainsi».

Quand préfère-t-on l'article défini à l'indéfini?
C'était à la veille ______ célébration ______ mariage de mon frère.
1 de la, du
2 de la, d'un
3 d'une, de
4 (Selon le sens)
Appelle-moi __ grand garçon, là-bas, qui a des lunettes.
1 un
2 le
3 (N'importe)
4 (Selon la nuance de sens)
Avez-vous trouvé une météorite ou seulement ____ fragment ______ météorite?
1 un, d'une
2 le, d'une
3 un, de
4 un, de la
On lui reconnaît ____ qualités d'un vaillant combattant.
1 les
2 des
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Réaction 19


L'absence d'article serait donc plus marquée que un? Ou bien serait-elle une faute, en dehors des noms propres, puisque le nom commun a quelque chose d'abstrait, sans actualisateur? Mais, si elle est marquée, au contraire, quelle valeur pourrait-elle avoir?
________ chef(s) d'orchestre canadien(s) des plus prometteur(s), Richard Hoenich est aussi basson solo.
1 Jeune
2 Un des jeunes
3 L'un des jeunes
4 (Selon la nuance de sens)
La télévision envisage de diffuser des films pour ___ adultes à une heure tardive.
1 les
2 (Rien)
3 (N'importe)
4 (Selon la nuance de sens)
Il est passé me voir ____ mardi, mais c'était mon jour de congé.
1 le
2 un
3 (Rien)
4 (Selon le sens)
______ à caractère environnemental: les éco-quartiers.
1 Programme
2 Un programme
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
Réaction 20


L'absence d'article est une absence d'actualisation et non une actualisation non marquée. Elle laisse le noyau dans son état de lexème, sans susciter de lien avec le réel environnant. Ce n'est pas une substance donc c'est seulement une qualité... tout simplement. Une qualité qui peut avoir les fonctions des qualifiants (attribut, épithète, adverbe, circonstantiel).

Et le possessif, quand en a-t-on besoin?
Il fait tout ____ possible pour attirer l'attention.
1 (Rien)
2 le
3 son
4 (1 ou 2, au choix)
J'ai visité votre maison, à Sica____________.
1 , celle dont vous êtes le propriétaire
2 (Rien)
3 (Selon le contexte)
4 (Autre chose)
Toute l'équipe s'est juré ________ plus perdre un seul match sur ______ propre terrain.
1 ne, son
2 de ne, son
3 de ne, le
4 ne, le
Réaction 21


Le possessif note le rapport du groupe syntaxique avec les locuteurs (mon, ton, notre, votre) ou un tiers (son, leur). En effet, l'adjectif possessif cumule le morphème défini et l'indication de la personne.

Soulignons en passant que le rapport de possession, au sens de droit exclusif, est une erreur due à l'emploi du mot possessif. Les trois personnes du singulier et du pluriel étant représentée vis -à-vis du nom comme elles le sont par les pronoms personnels vis-à-vis du verbe, sans doute pourrait-on envisager de rectifier la terminologie en remplaçant adjectif possessif par adjectif personnel.

Le lien avec les personnes lui donne, en effet, dans le groupe du nom, un rôle analogue à celui des pronoms dans le groupe du verbe (J'aime / mon amour ; tu aimes / ton amour ; il aime / son amour ; etc.) Le possessif peut donc avoir une valeur actancielle, plus ou moins explicite selon les cas. Vous souvenez-vous, dans le module sur le mot juste, de la latence du nom (son actanciation implicite)?
Dans "Je l'ai mis ici, ton cadeau", ton signifie:
1 que je te fais
2 que tu me fais
3 (Au choix)
4 (Autre chose)
Réaction 22


Le possessif renvoie de préférence à un premier actant (sujet), puis à un 2e (objet); plus rarement à des circonstants. Ex. À propos du lion : sa chasse est immédiatement consommée (l'antilope; le lion chasse : il est sujet). À propos du singe : sa chasse peut représenter un revenu d'appoint (on chasse le singe : il est 2e actant).

Toutefois, dans le groupe nominal, la place de mon, ton, son etc. est fixe. Impossible d'identifier l'actanciation autrement que par la vraisemblance. Les variations de genre et de nombre sont des astuces à ne pas négliger. Comment clarifier les phrases suivantes?
La femme de la table du fond regardait du côté de Luc quand l'Américaine s'arrêta à sa table. Sa table: celle de qui?
1 Celle de la femme du fond.
2 Celle de Luc.
3 Celle de l'Américaine elle-même.
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Les propriétaires de chien sont responsables de ramasser ____ excréments ________.
1 les, de leur chien
2 leurs
3 ses
4 les
Muni de ses listes d'ouvrages scolaires et de celles de sa soeur, il est allé à la librairie, mais il n'a pas pu rapporter ________.
1 ses livres
2 ses livres à lui
3 (1 ou 2, au choix)
4 ses propres livres
Réaction 23


Un possessif qui va de soi devrait-il être mentionné?
Voilà un homme dont l'ivrognerie compromet ___ santé.
1 sa
2 la
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
Elle a acquiescé d'un signe de ____ tête.
1 sa
2 la
3 (Selon la nuance de sens)
4 (Autre chose)
Trois des ouvriers auraient été intoxiqués parce qu'ils auraient pris leur repas sans __________.
1 s'en être lavé les mains
2 avoir lavé leurs mains
3 s'être lavé les mains
4 (Au choix)
Réaction 24


Et que signifie le démonstratif?
Une vie de boy est un roman de Ferdinand Oyono qui tire son titre de l'observation de la vie d'un jeune cuisinier chez ____ patrons étrangers, durant la colonisation.
1 ces
2 ses
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
Réaction 25


Le geste de montrer est-il parfois atténué ou renforcé?
La Sentinelle est un conte de Ringuet qui tire son titre d'un gardien que l'auteur découvre, toujours au poste, trente ans après que la compagnie ait interrompu ______ travaux.
1 ces
2 ses
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
La tenue des Jeux olympiques à Montréal a stimulé ____ économie ____.
1 son, (Rien)
2 l', de la ville
3 l', de celle-ci
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Sa mère commençait à s'inquiéter. _____ moment, il est arrivé à toute allure.
1 Au
2 Å un
3 Å ce
4 En ce
C'est curieux: tous ___ gens qu'on vient de croiser habitent dans notre quartier.
1 ces
2 les
3 (Au choix, mais de préférence 1)
4 (Au choix, mais de préférence 2)
Réaction 26


Le de partitif.

Considéré comme un article, alors que sa forme est celle de la préposition, de (un lien typique pour le nom), le partitif restera toujours un sujet délicat pour le grammairien. Ses rapports avec l'article défini sont instables. Il peut se l'adjoindre (de la), former avec lui un article contracté (du, des) ou faire cavalier seul (de dans pas de mouton, plus de moutarde). Il n'est pas vraiment distinct de la préposition puisque, placé immédiatement après un de préposition, il se réduit et s'amalgame (pas besoin de du pain ==> pas besoin de pain ).

Est-il encore préposition? Devient-il vraiment article?
Pour conduire des bolides, il faut avoir ___ témérité.
1 la
2 de
3 de la
4 (Selon la nuance de sens)
Réaction 27


Le partitif de et les articles partitifs du, des... indiquent qu'on n'envisage qu'une partie de quelque chose de divisible. Ex. Pas de littérature, avoir de la force, de l'énergie, reprendre des confitures (qui sont là), boire du vin (en général). De reste partitif quoique sans l'article après la négation ou un adverbe de quantité (assez, peu, beaucoup...)

Ne faut-il pas s'étonner de voir une préposition (de) considérée comme un article?
Il n'a pas reçu de sanction. Il a eu ______ chance.
1 une
2 la
3 de la
4 (Autre chose)
La femme de Douglas lui demande ____ l'argent pour acheter ____ des habits.
1 (Rien), avec
2 de, (Rien)
3 (Rien), (Rien)
4 de, avec