Le mot lexical. 59 interactions. 148 QCM.

Qu'est-ce qu'un mot?

Écrire, parler se fait avec des mots. Le mot est élémentaire et incontournable. Concept acquis dès l'arrivée à l'école et même antérieurement, il sert tous les jours, et se maintient jusque dans les textes linguistiques les plus «universitaires». Combien de définitions n'en a-t-on pas proposées!

Qu'est-ce qu'un mot? À quel point de vue faut-il se mettre pour le définir? Est-ce vraiment le découpage du texte écrit qui doit définir l'unité linguistique la plus universelle?
C'est entendu, je passerai chez vous ______.
1 bientôt
2 bien tôt
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Réaction 1


Trop souvent confondu avec le mot graphique, le mot apparaît couramment comme défini par les deux espaces qui le délimitent. Précisons : une «espace» typographique (au féminin dans les ateliers, où il désigne un lingot de métal). Sa largeur est d'un quadratin (terme de typographie).

Ne faudrait-il pas le définir autrement que par cette marque graphique, absente quand on parle, et qui varie d'une langue à l'autre? En allemand par exemple, les mots sont moins morcelés qu'en français. En esquimau, ils s'identifient aux mots phonétiques. Car il y a aussi une marque sonore de découpage. D'aucuns, s'imaginant parler comme ils écrivent, croient faire des pauses entre leurs mots. (Essayez, pour voir, de parler en découpant les mots tels qu'ils sont écrits.) Les mots sont regroupés non en mots graphiques mais en mots phonétiques, et on a vu plus haut comment faire ce découpage, parfois effaçable, parfois au contraire facultatif. On ne peut faire de pause à chaque mot ...à moins qu'il ne s'agisse de circonstances particulières. Il y a bien la "diction professorale", traditionnelle à la Sorbonne, nécessaire devant les auditoires démesurés (et qui respecte curieusement les liaisons du style soutenu : Parce que nous / Zavons / Zaujourd'hui). Cette diction est particulière mais ne va tout de même jamais jusqu'à un découpage intégral selon les espaces graphiques.

Dans la pratique, on fait des pauses où on le juge utile, mais pas à chaque mot  : seulement entre les phrases, et encore. Le découpage en mots, sans être imaginaire, est seulement visible, et non audible. La délimitation sonore est celle du mot phonétique. Il y aurait avantage à toujours soigneusement distinguer, lors des analyses, quels sont les mots graphiques qui sont assemblés par un mot phonétique. Mais jusqu'où peut-on découper la sonorité? Quelle est, sur le plan sonore, la partie la plus élémentaire, celle qu'on ne peut découper davantage sans cesser de se faire entendre?
En fin de ligne, où peut-on couper tire-bouchon et quoiqu'il?
1 tire-bouchon, quoiqu'il
2 tire-bou-chon, quoi-qu'il
3 tire-bou-chon, quoiqu'-il
4 tire-bouchon, quoi-qu'il
Réaction 2


Pas le mot phonétique, qui est long, mais pas non plus le phonème, qui ne se présente pas isolé, dans le cas des consonnes sourdes notamment. Sur le plan sonore, la première unité naturelle semble bien être la syllabe, mais c'est en chinois que les mots n'ont qu'une syllabe. En français, les mots peuvent en avoir plusieurs et une seule syllabe peut contenir plusieurs mots (J'mel' dans Je me le rappelle). Les syllabes sont indépendantes des mots et se regroupent seulement dans le mot phonétique. Celui-ci a pour marque délimitative un allongement vocalique qui se distingue de l'intensité (volume de la voix) et des accents expressif ou thématique (voir le Gradus, au mot accent). Cet allongement est perceptible par la méthode, traditionnelle en linguistique, des constituants immédiats. Il s'agit de regrouper les syllabes en vertu de leur durée respective (pas de leur force, qui dépend des circonstances de la communication, ni de l'élévation mélodique, qui donne des attitudes ou des sentiments). Faites quelques essais personnels en lisant à voix haute une ou deux phrases écrites. Entendez-vous les finales de mots phonétiques? Comment peut-on les repérer rien qu'à l'oreille, sans passer par des enregistrements en laboratoire?
On repeint des maisons qui n'en finissent plus de s'écailler. Où sont les syllabes allongées qui délimitent les regroupements syntaxiques?
1 On eint ons en ent us er
2 eint ons i iss us ail
3 On eint ai iss us er
4 eint ons en us er
Un chien qui vient de recevoir un coup de pied. Diviser en mots phonétiques. Le complément avec de forme-t-il un groupe distinct ou faut-il l'insérer dans le groupe auquel il est attaché?
1 Il y a trois groupes syntaxiques (ou mots phonétiques) : -ien, -oir, -ied.
2 Il y en a cinq. Ajouter : -ient et -oup.
3 Trois plus deux groupes facultatifs.
4 Cinq dont deux effaçables.
Réaction 3


On se demandera si la syllabe finale de mot est plus longue que la syllabe suivante ou non. La chaîne sonore est ainsi répartie - cela se fait instinctivement - en segments qui réunissent souvent plusieurs mots graphiques. De tels segments ont comme contenu des unités syntaxiques et non sémantiques. Ils correspondent en réalité à des groupes syntaxiques (v.ci-dessus, chap. formes verbales). Le mot phonétique diffère donc totalement du mot graphique.

Ex. il-y-a / lon-temp / que-je-t'aim' : huit syllabes, huit mots (un seul de deux syllabes, et une syllabe, t'aim', de deux mots). Et trois mots phonétiques (/).

Ces distinctions permettent d'aborder maintenant la définition proprement lexicale du mot. Le mot lexical est sans doute, notamment, un mot doté de sens. Or tous les «mots» ont-ils du sens au même titre, de la même façon? Désignent-ils tous une chose, une idée, une action, une personne? N'y en a-t-il pas qui ont seulement des fonctions, grammaticales, comme le il impersonnel? Et puis, il y a ces mots lourds de sens qui servent de noyaux aux mots phonétiques, et dont la dernière syllabe est allongée. Suffira-t-il d'avoir un assemblage de sons avec du sens pour avoir un mot lexical?
Ensuite, il s'efforça de _________.
1 forcer un sourire
2 faire un sourire forcé
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
Réaction 4


À condition de préciser le sens, ici, du mot sens! On peut en effet distinguer, rien que du point de vue des contenus et de la fonction, le mot lexical et le mot grammatical.

Ce qu'on veut dire se trouve dans les mots mais pas chez tous de la même façon. Les mots lexicaux seuls disposent d'un contenu spécifiquement sémantique. Les mots grammaticaux, de, que, un, il, ce ont un contenu très large et se définissent davantage par leurs fonctions vis-à-vis des mots lexicaux. Ils actualisent quand ils sont pronom, article... Ils assemblent quand ils sont préposition ou conjonction. Sur les mots grammaticaux, serait-il approprié d'effectuer une analyse qui distingue des éléments de contenu?
Dans les séries suivantes, laquelle ne contient que des lexèmes?
1 donner, poupée, joyeux, dort, tranquille, pour
2 berçant, charmant, tard, certain, changement, jamais
3 brune, Espagne, orge, malin, comme, feignant
4 question, costume, échevin, fontanelle, insensible, me
Vous pourriez faire le chèque sans inscrire le nom de personne? Personne est ______.
1 substantif
2 indéfini
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Réaction 5


L'habitude étant d'appeler sens aussi bien les concepts que les référents, voire la situation ou les liens... rares sont les grammairiens qui prennent en compte le rôle des morphèmes et la manière très particulière de définir leur valeur d'emploi. Tous pourtant s'accordent pour tracer des frontières entre la grammaire et le dictionnaire.

Ce qui nous occupe ici, ce sont les mots lexicaux. Il y a pour eux quatre types de contenus : objets, idées, actions, personnes.

Qualifiant, nom et verbe.

À ces quatre types de contenu correspondent, semble-t-il, les formes et les fonctions qui vont constituer les principales «catégories grammaticales» : substantifs, qualifiants, verbes et... pour les personnes, du fait de leur désignation par un nom qui leur appartient en propre, il y a les noms propres.

Peut-on affirmer que les substantifs sont des mots lexicaux qui visent une substance (des objets); les lexèmes qualifiants, des mots qui visent une idée; et ainsi de suite pour le verbe et le nom propre?
Les mythes sont l'héritage des premiers temps et les religions les véhicul___ de cette culture.
1 es
2 ent
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
Des chercheurs travaillent sur des gènes humains pour prévenir les maladies ou les malformations présent___.
1 es
2 ent
3 (Selon le sens)
4 (Autre chose)
On danse modern jazz au Rancard.
1 Modern jazz est un groupe nominal.
2 Non, c'est plutôt un qualifiant.
3 (Selon le sens)
4 Terme anglais, relevant d'un syntaxe qui n'est pas française.
Dans quelles catégories de mots rencontre-t-on des mots lexicaux?
1 Les actants (sujet, objet, complément).
2 Les noms et les verbes.
3 Les groupes syntaxiques.
4 Les noms communs, les qualificatifs, les verbes et les adverbes.
Réaction 6


Effectivement, les catégories de mots lexicaux (substantif/qualifiant/verbe/nom propre) semblent liées aux catégories de contenus (objet/idée/action/personne). On a qqch. (substantif et substance), qui est tel ou tel (qualifiant et qualité) et qui fait qqch. (verbe et action). Le on initial est quelqu'un qui a aussi un nom qui lui est propre. Par la suite, des transitions se tissent. La qualité de bleu se prête à des actions, actives (bleuter) ou passives (bleuir). Celles-ci sont reprises comme substances (bleuissage, bleuissement) ou menées par des personnes (bleuisseur). La qualité peut se faire tirer du verbe (bleuté, bleui).

Qu'est-ce que la lexicologie? Seulement l'étude de ces formes?
On appelle mots lexicaux: ________.
1 les noms et les verbes
2 les noms et les adjectifs
3 tous les mots du dictionnaire, quels qu'ils soient
4 (Autre chose)
Quel est l'antonyme de complémentaire?
1 incomplémentaire
2 non complémentaire
3 hétéroclite
4 (Il n'y en a pas.)
"Le réveil le réveille." Quelle ressemblance pouvez-vous établir entre le groupe nominal et le groupe verbal?
1 Ils ont parfois les mêmes mots lexicaux.
2 Ils ont les mêmes actualisateurs.
3 Ils ont un mot lexical comme noyau et des mots grammaticaux comme actualisateurs.
4 (Au choix)
Tant qu'on intéresse ou qu'on amuse, on ne parle pas _____.
1 longtemps
2 longuement
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
La ______ est une des sections les plus agréables du Jardin botanique.
1 rosace
2 rosette
3 roseraie
4 rosière
Les dernières explications ont bien ______ la notion.
1 éclairé
2 clarifié
3 fait la lumière sur
4 (Au choix)
On demande à de jeunes élèves de donner une définition personnelle de l'amour. Laquelle des définitions suivantes vous semble la meilleure?
1 L'amour, c'est comme une maladie.
2 L'amour est un sentiment.
3 L'amour, c'est quelque chose qui arrive à des gens. C'est comme Nicole, ma soeur, et son ami François qui s'embrassent tout le temps.
4 L'amour, c'est quelque chose que l'on sent à l'égard d'une autre personne quand on veut toujours lui faire plaisir.
Réaction 7


Les lexèmes établissent une relation à la réalité (le bleu de la mer, qui est un peu glauque) qui ne se fait pas seulement à travers le corps (ce qui est ressenti), et qui n'est pas toujours exprimé. Chaque racine lexicale est en relation avec les autres par des idées, dans une organisation logique. Les mots lexicaux sont susceptibles de recevoir des définitions en genre et espèce. Leur sens est composé d'éléments mais parfois, ils peuvent aussi signifier concrètement.

Il est vrai que certains mots lexicaux ne s'analysent pas logiquement : ils ont cependant un contenu référentiel, même sans actualisateur, et ce contenu, de plus, est unique. Ce sont aussi des mots assez longs et même plus particuliers que les noms communs, et parfois leur orthographe suffit à changer leur sens. Ils ne sont d'ailleurs ni qualifiants ni verbes. Quels sont-ils?
Tu verras les premières Chevrole__ sur ces vieilles photos.
1 t
2 ts
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Les Balza__ et les Zol__ ont voulu illustrer les gens de leur pays.
1 c, a
2 cs, as
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
--- Qu'appelle-t-on une réponse de Norman__? --- Les Norman__ passent pour préférer ne répondre ni oui ni non.
1 d, d
2 ds, d
3 d, ds
4 ds, ds
Le nom propre (Washington) a-t-il un sens, dans l'acception sémantique; a-t-il un sémantème?
1 Non. Son lexème ne désigne un référent que par convention.
2 Oui, pour le lexicographe (ex. Latulipe, Dupont).
3 Oui, pour l'historien, qui enregistre les actions dignes de mémoire.
4 Oui, dans les annuaires notamment.
Réaction 8


Les noms propres. M. Michel Lefevre n'a absolument rien comme lien (sauf son nom) avec M. Michel Lefebvre, ou Lefébure. Valcourt n'est pas Walcourt. C'est la forme sonore et graphique du mot lexical qui donne son sens. Les mots lexicaux comprennent les noms propres mais ceux-ci ne visent pas des concepts : ils visent une réalité qui se trouve dans l'environnement, et qui appartient au référent.

Une des propriétés les plus intéressantes de la lexicologie est la loi de Zipf, linguiste allemand du début du siècle dernier. Cette loi nous intéresse car elle offre un moyen facile d'identifier les mots lexicaux. Sont-ils, selon vous, plus courts ou plus longs que les mots grammaticaux?
Les mots qui reviennent le plus souvent quand on parle sont _________.
1 les mots lexicaux (nom, verbe, qualificatif, adverbe)
2 les mots grammaticaux (article, indéfinis, pronom, préposition, conjonction)
3 (Ça dépend du sujet dont on parle)
4 (Ça dépend des personnes qui parlent)
Réaction 9


D'une façon générale, les mots les plus courts sont grammaticaux, ce qui est heureux car ils reviennent souvent. De plus, ils se glissent au début des mots phonétiques.

Zipf a compté les occurrences de chaque mot dans différents textes (pris au hasard et donc représentatifs de la langue). Ensuite, il a rangé ses fiches dans l'ordre décroissant des fréquences obtenues, en donnant à chaque fiche un numéro de rang. Évidemment, plus la fréquence diminuait, plus le numéro de rang augmentait. Il a cru que le phénomène offrait une parfaite régularité et qu'on pouvait en tirer une loi mathématique : « Si on multiplie le rang par la fréquence, on obtient toujours le même nombre (ou presque). C'est une "constante" mathématique. Par exemple, si, dans un corpus aléatoire donné, l'article le, avec 5000 occurrences, se trouve au rang 5 (5000 x 5 = 25000), on peut prédire que landau, avec ses cinq occurrences, se trouvera au rang 5000 (et il se trouvera, en effet, à un rang comme 4780 ou 5460... avec un peu de chance) Ce qui est important dans ce "produit remarquable" est que les mots grammaticaux, les plus courts, se trouvent au début de la liste et les mots lexicaux, les plus longs, sont regroupés plus loin. Les deux listes ne sont pas tranchées, toutefois. Il n'y a que 160 mots grammaticaux (environ, sans compter les numéraux, les suffixes, les préfixes) alors que les mots lexicaux sont 4000 si l'on se contente de ceux du vocabulaire actif courant, 40 000 si on prend ceux que tout le monde peut comprendre, plus de 400 000 si l'on va chercher les termes spécialisés, et davantage encore avec les noms propres (les annuaires!)

Les critères purement quantitatifs sont rarement parfaits... Certains noms propres sont aussi courts que des mots grammaticaux (par exemple Zipf!) Mais ce qui brouille la netteté du critère de Zipf est qu'il y ait des mots grammaticaux plus rares que certains mots lexicaux (d'aucuns, tandis que, hormis) et aussi le phénomène renouvelé de la grammaticalisation. Des mots lexicaux sont employés d'autant plus souvent qu'ils deviennent grammaticaux (être et avoir, faire, aller, voir, différents, certains, personne). Il faudra donc distinguer dans leurs occurrences. Et il faudrait aussi leur ménager deux places distinctes, dans la liste des fréquences.

Pour revenir à la définition linguistique du mot, peut-on en choisir une qui corresponde à l'idée que l'on a du mot assez couramment et que nous pouvons nous faire après les observations qui viennent d'être faites?
Combien y a-t-il de lexèmes dans la proposition que voici: "Cessez ce jeu ridicule et ennuyeux!"
1 Quatre
2 Six.
3 Deux.
4 Un.
Combien y a-t-il de lexèmes? "Je ne puis démêler si les femmes allaient droit à son oeil baigné d'une menteuse et saline humidité, gris d'huître, ou à sa bouche toujours close." (Colette, le Pur et l'Impur, en parlant d'un don juan.)
1 Treize.
2 Dix-neuf.
3 Quinze.
4 Quatorze.
Réaction 10


Le mot proprement dit est lexical et se définit donc du point de vue linguistique comme un assemblage de sons ou de lettres dont la moindre variation suffirait à provoquer un changement dans le contenu définitoire (le sens au sens logique). Ex. référence, préférence; céleri, scélérat; ouf, pouf. Les cas limites sont des homonymes (camp, Caen) et les homophones (compte, comte, conte), sans parler de quelques homographes (nous notions ces notions).

Il n'est pas inutile d'ajouter un critère de rythme, afin d'écarter des assemblages qui répondent à la définition mais qui ne seraient pas lexicaux (quand, quant; qu'on te). La syllabe finale de cet assemblage peut toujours et doit normalement recevoir un accent délimitatif qui est un allongement. Ce critère supplémentaire est syntaxique. Le lexème sert de noyau aux groupes syntaxiques. (Sauf le qualifiant inséré devant un noyau, qui est lexical sans être lui-même le noyau.)

Comment analyser à coup sûr? Par exemple, comment distinguer sans se tromper le substantif et le qualificatif, qui peuvent avoir la même forme?
Réaction 11


On se mettra successivement au point de vue de leur longueur, de leur forme et de leur place.

1. Ce sont deux lexèmes. Ceci permet d'écarter déjà les groupes et les morphèmes.

2. Ils varient en genre et en nombre. Ceci permet d'écarter les noms propres, les adverbes et même les verbes, car ceux-ci varient davantage, mais autrement.

3. Ils entrent dans le groupe nominal, et peuvent donc se faire précéder d'un article et d'une préposition. Ceci permet de les distinguer entre eux. Le qualificatif est attaché au noyau du groupe nominal, qui est un substantif.

À titre d'exercice, comment pratiqueriez-vous cette analyse sur les segments suivants (ou d'autres, à votre choix)?
1, à mon avis; 2, ta; 3, Anne; 4, autant; 5, assurer; 6, rassurant; 7, casse-tête; 8, embûches; 9, dernier.

Réaction 12


1, à mon avis : groupe; 2, ta : morphème; 3, Anne : nom propre; 4, autant : adverbe (ou morphème qualifiant); 5, assurer : verbe; 6, rassurant : verbe (comme participe) ou qualificatif (comme qualifiant du nom); 7, casse-tête : substantif (mot composé); 8, embûches : substantif; 9, dernier : qualificatif.

Quelle serait la tâche du lexicologue? Ou faut-il dire : du lexicographe?
Il faut être linguiste diplômé pour devenir ______.
1 lexicographe
2 lexicologue
3 (Selon la nuance de sens)
4 (Autre chose)
Les infirmières regrettent que l'hôpital continue à faire du favoritisme. ______ certains patients.
1 Ce regret est partagé par
2 Une telle réaction est aussi celle de
3 Leur indignation gagne même
4 (Selon la nuance de sens)
Réaction 13


Relever des mots pour en faire un lexique ou un dictionnaire, préciser la forme et le sens de chacun d'eux, les ranger dans un lexique, telle est la tâche du lexicographe. Définir ce que c'est qu'un mot, ses différentes espèces, les lois de sa formation ou de sa composition, faire l'histoire du vocabulaire ou la carte de son déploiement géographique, telle est la tâche, plus théorique, du lexicologue.

En lexicologie, si l'on se place du point de vue du sens, on rencontre la synonymie (ou la parasynonymie), et si l'on examine les sons, on rencontre l'homonymie et l'homophonie. La lexicologie est toujours à cheval sur ces deux aspects, le contenu et la forme graphique ou sonore. La sémantique étudierait les éléments de sens (sèmes, hyponymes, hypéronymes, catégorèmes) et la phonétique, les phénomènes linguistiques sonores. La lexicologie est une science difficile à cerner parce qu'elle couvre ces deux aspects dans leur relation l'un avec l'autre.

Mot lexical et mot composé.

Prenons l'expression dommages-intérêts. Fait-on bien de dire : "Tu pourrais réclamer des dommages-intérêts"? On dit aussi les dommages et intérêts. Et pourquoi ne dirait-on pas les dommages et les intérêts?
Autour du thème de l'intimité sublimée, un _______ entre le graphisme, la photographie, la sculpture et le design.
1 aller et retour
2 aller-retour
3 (Au choix mais de préférence 1)
4 (Au choix mais de préférence 2)
Réaction 14


Les intérêts s'ajoutent aux dommages causés. Ils compensent, non la perte, mais la privation de revenu consécutive à la perte. Ce qui est présenté, ce sont donc deux notions distinctes... Avec actualisation distincte (les dommages et les intérêts), il y aurait deux groupes, donc deux choses distinctes. Avec trait d'union, au contraire, il y aurait non seulement un seul groupe mais un seul mot lexical, et donc une seule notion. Par exemple, ce serait le cas dans monte-charge, commissaire-priseur, ingénieur-conseil, brise-glace.

Ici, du point de vue juridique, il n'y a qu'une action donc le composé est admis, mais comme le sens de ce composé n'est que la somme de ses éléments, et non un seul contenu nouveau quoique lié aux deux notions, il est préférable de garder les lexèmes séparés.

Deux mots joints par un trait d'union forment un mot composé. Mais pourquoi le mot composé doit-il recevoir, graphiquement, cette marque? Dans un oeil-de-boeuf, par exemple; ou un oeil-de-perdrix?
On voyait à sa démarche qu'il devait avoir des ______ aux pieds.
1 oeils-de-perdrix
2 oeils-de-boeuf
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
L'immeuble a beaucoup de caractère à cause, entre autres, d'une enfilade d'________ dans les combles.
1 oeils-de-boeuf
2 oeils-de-perdrix
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Réaction 15


Le sens de ses éléments ne doit pas être considéré de façon distincte mais dans un concept unique, tiré des parties mais formant une synthèse. Un oeil-de-boeuf ou un oeil-de-perdrix ne sont ni des yeux ni des parties d'animal. Le trait d'union opère la réduction du groupe de mots à un élément de syntagme (son noyau lexical). Ce qui constitue le mot lexical est aussi, du point de vue syntaxique, sa capacité de former un noyau de groupe nominal (plus rarement verbal ou qualifiant). Comme ce noyau est normalement un seul mot graphique, le trait d'union s'indique, qui ramène un ensemble de mots graphiques à un seul. Ainsi porte-fanion va-t-il rejoindre portefaix, et porte-fenêtre pourra comme portefeuille recevoir un article.

Mais dans ce cas, pourquoi y a-t-il des locutions comme porter plainte, crier justice qui s'écrivent sans trait d'union? Et pourquoi trait d'union lui-même n'en prend-il pas?
Ce fut une suite de crèv___ coeu__ pour lui de revoir sa famille.
1 e, r
2 e-, r
3 e, rs
4 e-, rs
Après la dispute d'hier soir, il est allé __________ son cousin au Tribunal.
1 plainter
2 porter plainte contre
3 (N'importe)
4 (Autre chose)
Réaction 16


Il y a des groupes de mots qui dépassent les limites du syntagme mais qui se réduisent à un syntagme, au moins du point de vue du sens. Les parties, si on les prenait isolément, n'auraient pas les sèmes qu'elles reçoivent quand elles sont intégrées. On a donc envie de leur mettre des traits d'union. Voilà pourquoi tant de monde en ajoute à tout à fait. Comme les mots composés, les locutions ont valeur de lexème. Si elles ne comportent pas de trait d'union, c'est que leur assemblage suit les règles syntaxiques habituelles (verbe + objet, nom + qualificatif, etc.)

Qui a le droit de composer de nouveaux mots composés?
Erik Satie disait: «L'avenir est à la philophonie». Mais qu'est-ce que ce mot-là? ________.
1 un néologisme
2 un mot-valise
3 un mot forgé
4 une fausse étymologie
Réaction 17


Les écrivains ne se gênent pas. "Je suis celui-qui-prend-toutes-les-formes" annonce Montherlant. La langue innove sans cesse également. Elle donne l'exemple de la liberté. On écrit betterave, chou-rave et céleri rave. Bien sûr, il n'y a là qu'une de ces petites incohérences que les dictionnaires n'ont pu éviter. Il n'y aurait pas lieu de s'en formaliser si personne ne s'était avisé d'avoir plus d'exigence envers les écoliers qu'envers les lexicographes. Mais ceci montre également que la limite graphique entre les mots est souvent conventionnelle, voire occasionnelle. Doit-on vraiment penser que betterave, c'est un seul mot; céleri rave, deux mots; et chou-rave... un seul mot, mais "composé"? Est-ce à l'usage, ou à l'Académie, ou au ministère, de trancher ou bien la lexicologie aurait-elle des principes suffisamment évidents? Le lexicologue peut observer que le sens est tout à fait analogue dans les trois cas, même si la fréquence d'emploi favorise betterave et peut expliquer la soudure graphique. En faveur du trait d'union, mentionnons que rave est un nom. C'est même l'ancienne dénomination du radis, dont le nom n'est apparu qu'au XVIIe siècle (emprunté à l'italien radice, «racine»). Serait-il alors employé comme qualificatif dans céleri rave? En ce cas, l'incohérence serait simplement le fruit de l'histoire de chacun de ces trois mots. Mais le sens autoriserait aujourd'hui un alignement.

On peut observer, en France comme dans le reste de la francophonie, que l'utilisation du trait d'union pour former des mots composés est bien maîtrisée et encore très vivante. En voici la preuve.


QCM 2604                      # 204      100%|              ·
Lot  France   Cycle 101        Invalide  |   |              ·
         %    Niveau    Discriminance    |   |              ·      +++333333
4       56     -0.47      0.32           |   |              · 33333333     2
2*      22     -2.71      0.29           |   |         +++3333        22222
3       13     -5.01      0.29           |   |       33333  ·    22222     4
+       01     -5.34      0.29           |   |  ++333       22222     44444
1       07      0.00      0.00           |   |3333        22·      444
-----------------------------------------|   |       22222  · 44444
Les enfants s'amusaient sur les          |   |    222       44
marche____ des autobus.                  |50%|2222········44················
1) pied (en un seul mot)                 |   |         444  ·
2) pieds (en un seul mot)                |   |    44444     ·
3) -pied                                 |   |  44          ·
4) -pieds                                |   |44            ·
Même si ce n'était pas la bonne réponse, une majorité, et formée des meilleurs répondants du groupe, a préféré la forme avec trait d'union, et c'est aussi la tendance générale (voir l'indice de discriminance).

Les composés peuvent donc se lexicaliser, devenir un seul mot, comme betterave et marchepied. Le seul problème, en ce cas, c'est parfois la mise au pluriel. Il faut de la logique! Ou bien les deux parties sont mises au pluriel mais alors il ne s'agit pas d'un mot unique, ou bien on se contente d'un s final. Le «bon usage» se moque de cette logique et il écrit mesdames, messieurs, bonshommes (prononcez z) et gentilshommes. Les étudiants mêmes français ne s'en moquent pas, eux.


QCM 30481                    # 234       100%|             ·
Lot  Lycée    Cycle 101        Invalide  |   |              ·
         %    Niveau   Discriminance     |   |              ·
4       38      1.21      0.25           |   |              ·         111111
2       26     -1.15      0.29           |   |              ·    11111     -
-       01     -1.27      0.29           |   |              11111       2222
1       20     -3.56      0.29           |   |         11111·      22222
3*      16      0.00      0.00           |   |       11     · ---22
-----------------------------------------|   |  11111       22222       4444
Le monde de Paul Féval est peuplé de     |   |11          22·         44
______ et de mousquetaires.              |50%|··········--222·········44444·········
1)     gentils hommes                    |   |    22222     · 444
2)     gentils-hommes                    |   |--22        4444
3)     gentilshommes                     |   |22     44444  ·
4)     gentilhommes                      |   |  44444       ·
                                         |   |44            ·
Peut-être, après avoir vu tant de graphiques, commencez-vous à les lire sans trop de difficulté. Voulez-vous vous essayer à commenter celui-ci?
Réaction 18


En dépit du Littré, les répondants les plus habiles gardent la lexicalisation et refusent l'accord de gentil. Une seconde strate, de compétence moindre, écrit gentils, comme on le prononce, et préfère alors le trait d'union. La quatrième strate fait de gentils un vrai qualificatif (sans trait d'union), ce qui change le sens. En effet, le mot remonte au XIIIe siècle, époque où gentil voulait dire «noble», et il désignait les nobles attachés à la cour.

Le trait d'union est la marque graphique de la composition de mot (le prochain module porte sur tous les emplois du trait d'union). Il n'y a pas lieu de le supprimer et on le trouvera nécessaire notamment dans des assemblages asyntaxiques comme celui de deux substantifs. La composition est un des moyens en vogue pour renouveler le vocabulaire et viser de nouveaux sens. Voici quelques substantifs qui se prêtent couramment à former des composés : -bidon, -cadeau, -charnière, -débat, -dortoir, -éclair, -école, -espion, -fleuve, -gigogne, -limite, -maison, -minute, -miracle, -modèle, -prison, -refuge, -réponse, -surprise, -tour (P. Gilbert, Dictionnaire des mots contemporains, p.IV).

Les parties du lexème.

Y a-t-il une différence entre un mot et un lexème?
C'est l'intention et la direction qui différencient l'instant natal et l'instant létal ou, s'il s'agit du point ontico-méontique, l'origine de l'être et la fin de l'être : dans la mort, l'être vise le non-être à travers le presque-non-être, ou, si l'on préfère, le Quelque chose sombre dans le Nihil à travers l'insécable Quasi-nihil de la nihilisation; et dans la création, c'est le Rien qui va à l'Être à travers l'instant du Presque-être. V. Jankélévitch, Philosophie première, p.215. La philosophie se dote de lexèmes spécialisés ________.
1 par composition, à l'aide de traits d'union
2 par dénomination propre, à l'aide de majuscules
3 par substantivation, à l'aide d'actualisateurs
4 (N'importe)
Réaction 19


On a beau penser que le vrai mot est lexical : il reste que le mot mot évoque assez facilement sa seule apparence graphique. Aussi le mot défini par un sens sémantiquement analysable, le mot pris au sens plein du mot, a-t-il été rebaptisé lexème par les linguistes. Le lexème est assez important pour avoir suscité l'apparition d'une science rien que pour lui : la lexicologie, dont on a vu ci-dessus qu'elle avait à définir le lexème (ou mot lexical), à l'analyser dans ses différentes formes, à en reconnaître les parties, tandis que la lexicographie établit des listes de mots, en cherche les origines et en suit les transformations, de forme ou de sens. Elle inclut l'étymologie qui en examine la dimension historique et la géographie linguistique qui en examine l'aspect spatial.

Y a-t-il des parties dans les mots lexicaux? Certes, quand ils sont composés; mais autrement? Quels sont les constituants immédiats du mot lexical? Le mot lexical aurait-il des éléments qui seraient eux-mêmes lexicaux?
Réaction 20


Le mot lexical est souvent composé d'un noyau, la "racine lexicale", d'un préfixe et d'un suffixe.
Longicorne, en zoologie : "qui a de longues cornes". Longiface, en anthropologie : "dont le visage est plus long que large". Longiforme: "de forme allongée". Mais pas longicol pour "au long cou" (même si Queneau invente ce mot). Il peut y avoir plusieurs éléments de sens (plusieurs sèmes) dans un seul mot. Le i de longi n'est pas toujours présent (longtemps, longue-vue). A-t-il un rôle particulier?
Réaction 21


Comme le o de pseudo-scientifique ou de belgo-luxembourgeois, ce i signale que le lexème qu'il termine est devenu un préfixe. Un préfixe est une parie assez courante de mot lexical. Il se définit comme segment doté de sens, et placé ("fixé") avant ("pré") le centre du mot, ou noyau lexical. Quand il faut ajouter des éléments de sens (sèmes) à une racine, cela se place avant (il y a déjà autre chose après). Dans les numéros de téléphone, on appelle préfixe les chiffres qui précèdent, pour indiquer la ville, le pays). Le rôle du i dans longiforme est de souligner la présence d'un préfixe (cf. mini, maxi). Le o peut jouer un rôle semblable: les relations franco-allemandes, les données socio-économiques.

Le sens permet donc de distinguer des parties dans le mot, des parties dotées de sens. La plus importante est celle à laquelle s'accrochent les autres : le noyau. L'analyse en constituants immédiats donne ici des résultats analogues à ceux qu'on a vus plus haut dans le cas du syntagme ou de la syllabe, qui ont aussi des noyaux (le lexème, la voyelle). Il y a dans le lexème une structure comparable. Le noyau (ou racine) du mot n'est souvent constitué que de quelques lettres. Quelle est la racine de confection, de perfection, de défectueux?
Dans journalisme, le radical (ou la racine) est: ________.
1 jour-
2 journ-
3 journal-
4 journali-
Voici un mot lexical: embarquements. Il se divise comme suit: em/ barque/ ment/ s. Il peut y avoir dans un mot lexical quatre parties: le radical, le préfixe, le suffixe et la terminaison. Chacune de ces parties joue un rôle distinct. ___ est le radical, ___ est le préfixe, ___ est le suffixe, ___ est la terminaison.
1 em, barque, ment s.
2 barque, em, s, ment
3 ment, s, em, barque
4 (Autre chose)
Quelle est la racine de remplacement?
1 remplace
2 placement
3 place
4 plac-
Quel est le radical de contradiction?
1 -contr(e)dire
2 -contr(e)-
3 -diction
4 -dic-
Réaction 22


Confection, perfection et défectueux ont tous trois la même racine : fect- «faire». La confection "fait avec" qqch., la perfection "fait jusqu'au bout (parfait)" et défectueux est mal fait car "défait". C'est à la racine que revient le sens fondamental auquel les autres, apportés par les préfixes con-, per- et -, vont pouvoir s'ajouter pour le compléter. Le préfixe joue un rôle au point de vue du sens, mais ce rôle est secondaire car le noyau contient des sèmes auxquels les autres ne font que s'ajouter pour les préciser.

Tous les mots qui ont un noyau identique sont considérés comme faisant partie d'une famille. Qu'appelle-t-on une famille de mots?
Quel spectacle ______, toutes ces petites filles faisant leurs adieux à la maîtresse avant de partir en vacances!
1 émotionnel
2 émotionnant
3 émotif
4 émouvant
Une entreprise ______ bordelaise vient de s'établir au Gabon; elle importe ses propres concentrés.
1 vinicole
2 vineuse
3 viticole
4 (Selon le sens)
Réaction 23


Une famille de mots est l'ensemble des mots lexicaux de même racine. Souvent, un lexème doit pouvoir servir comme verbe ou comme qualificatif aussi bien que comme nom. Il s'ajoute alors à la racine un suffixe qui indique la catégorie grammaticale. Ex. Désir, désirer, désireux. Dans une même «famille» sont ainsi réunis tous les vocables (les termes du vocabulaire) reliés à une seule racine lexicale. En effet, enfance, enfançon, enfançonne, enfantelet, enfantelette, enfanter, enfantement, enfantillage, enfantin, enfantine, enfantinement et encore infant, infante, infantile, infantilement, infantilisme, infantiliser, infantilisation, infanticide et même infanterie, appartiennent à la même famille, celle du lexème enfant. Ce sont des vocables de même racine lexicale. Cette racine est d'ailleurs visible dans la formation de chacun d'eux. Elle est au milieu du vocable. Seul le préfixe (en-, in-) peut venir devant elle.

À la suite de la racine, quelles sont les parties lexicales qui peuvent prendre place?
Une arme à feu devient vulnér____ lorsqu'on enlève le cran de sûreté.
1 ante
2 aire
3 able
4 (Autre chose)
L'appareil ne nous convient pas: il ________ dirig____.
1 est difficile à, er
2 manque de, eabilité
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
La région du Lac-Saint-Jean est ______ par le bleuet et ses produits dérivés.
1 caractérisée
2 caractéristique
3 caractérielle
4 (N'importe)
Réaction 24


Les racines sont suivies des suffixes.

Ces parties de mot qui se placent à la suite de la racine jouent-elles, comme les préfixes, un rôle dans l'établissement du sens? Ou participent-elles à l'actualisation? Ni l'un ni l'autre? Mais alors, quel pourrait bien être leur rôle?
Pourquoi dit-on Ce lit est inconfortable alors qu'on ne pourrait pas dire Cette table est inconforlit? (L. Gauthier)
1 Lit n'est pas un suffixe.
2 Table est un substantif.
3 Table est un suffixe.
4 (Autre chose)
Formation de autodidacte.
1 Auto : racine; did : 2e racine; acte : 3e racine.
2 Aut : préfixe; o : glide; didac : racine; te : suffixe.
3 Auto : préfixe; didac : racine; te : glide.
4 (Autre chose)
Comment se compose confidentiellement?
1 con : préfixe; fid : racine; ent : suffixe; iel : suffixe; le : terminaison; ment : suffixe.
2 confi : racine; dent : 2e racine; iel : suffixe; le : terminaison; ment : suffixe.
3 con : préfixe; fident : racine; iel : suffixe; lement : suffixe.
4 con : préfixe; fiden : racine; tielle : infixe; ment : 2e racine.
Réaction 25


Le rôle des suffixes est de préparer l'insertion du mot lexical dans la phrase, d'annoncer son utilisation dans le co-texte. Les suffixes permettent de distinguer les vocables de même racine (fin, finement, finaud, finasser ; ou final, enfin, fin, finir) et de les classer dans une des catégories : qualificatif, qualifiant, substantif, verbe. Le suffixe -in, par exemple, forme un adjectif à partir d'un nom (enfantin, comme sanguin, alpin); le suffixe -ment forme un adverbe à partir d'un adjectif (enfantinement, infantilement) mais il peut aussi former un nom à partir d'un verbe (enfantement). -ité forme des noms de qualité.

Mais ne trouve-t-on que des suffixes à la suite des racines? Le s du pluriel, le e du féminin, les terminaisons si riches de mode, de temps, de personne de la conjugaison, est-ce des suffixes?
Elle m'a charg____ de vous ramener.
1 er
2 é
3 ée
4 (Autre chose)
Il contrecarr____ tes projets si tu refuses.
1 a
2 at
3 era
4 (Autre chose)
Quand tu leur écriras, ils interrom____ leurs discussions, reconnaî____ la fausseté de leurs soupçons.
1 preront, treront
2 preront, tront
3 pront, treront
4 pront, tront
Réaction 26


Les terminaisons ne sont pas des suffixes car elles actualisent, bien qu'elles ne soient pas isolées graphiquement comme le sont les morphèmes actualisateurs. Elles font partie du mot et y sont parfois si liées qu'elles peuvent modifier le timbre de la voyelle précédente. Enfantine est le féminin d'enfantin à cause de sa terminaison en -e. Dans enfançonne, le n a été redoublé en souvenir d'une époque où le son on était conservé au féminin, quoique suivi de -ne. Aujourd'hui, toutes les finales en -e dénasalisent les voyelles nasales (Jean, Jeanne).

Toutefois, les terminaisons (ou désinences) ne sont pas des suffixes, il ne s'agit pas d'éléments qui catégorisent syntaxiquement. Les terminaisons sont-elles lexicales ou grammaticales?
Réaction 27


Les terminaisons sont comme les actualisateurs; elles sont grammaticales et mettent en relation avec l'environnement. Elles sont sans intérêt lexicalement parlant. Ce ne sont que des formes en relation avec l'environnement. Leur étude relève de la morphologie, non de la lexicologie.

C'est le cas des marques de personne et de temps pour le verbe mais le er de l'infinitif change le mot de catégorie (le verbe n'est plus conjugué). On pourrait donc le ranger parmi les suffixes plutôt que parmi les terminaisons.

Ne rencontre-t-on pas quelquefois des syllabes qui prennent place après la racine mais qui ne sont pas des terminaisons car c'est le sens qu'elles modifient, comme les préfixes?
Seule la volonté générale peut lég____er le pouvoir politique.
1 itim
2 étim
3 itimis
4 ifér
Elle s'est fait électr____ par son rasoir électrique.
1 iser
2 ifier
3 ocuter
4 (Autre chose)
C'est une poussière dans l'oeil qui me fait ______ les yeux.
1 clignoter
2 cligner
3 (N'importe)
4 (Selon le sens)
Comment est formé le mot catholicité?
1 catho : préfixe; li : infixe; cité : racine.
2 cat : préfixe; holi : racine; c : glide; ité : suffixe.
3 cathol : racine; ic : suffixe; i : glide; té : suffixe.
4 cat : préfixe; hol : racine; ic : suffixe; i : glide; té : suffixe.
Réaction 28


On appelle infixe la partie de lexème qui peut se glisser entre la racine et le suffixe sans appartenir ni à l'une ni à l'autre. L'infixe est analogue au préfixe : il a une part de sens. Prenons électriser, et électrifier. Devant la finale, suffixe de l'infinitif, il y a un infixe -is-, ou -ifi- qu'on appelle factitif car il dit qu'on fait devenir électrique ou qu'on fait qu'il y ait de l'électricité. (Cet infixe modifie aussi la syntaxe, à sa manière, mais plus subtilement, en supposant une autre actanciation, une autre disposition des termes implicites).

Dans le même ordre d'idée, on se demandera la différence entre acte et action. On désigne le fait d'agir dans les deux cas. Avec le suffixe -ion, quelque chose s'ajoute à l'idée d'agir, qui semble devenir plus précise, plus concrète. De même pour cruche et cruchon, terre et terrain, etc. Le sens est moins modifié qu'il ne le serait par un préfixe (par exemple réaction, contraction) mais on est loin, tout de même, des simples actualisations que procurent les terminaisons, car celles-ci n'ont pas d'effet sur le sens.

Pour être exhaustif, signalons enfin quelques petits phonèmes qui ne jouent, dans le corps de certains mots, aucun rôle si ce n'est d'assurer plus d'harmonie, sur le plan sonore (numéro => numéroter) On fera bien de les appeler des glides même si ce ne sont pas seulement des semi-consonnes et qu'elles apparaissent dans le corps des mots plutôt qu'à la liaison. Entre les parties lexicales, il faut aussi, parfois, que les sonorités glissent facilement de syllabe à syllabe. D'ailleurs, on sait que la frontière entre les mots écrits est un peu gratuite quoique respectueusement considérée.


Résumé. Le mot lexical contient une racine susceptible de recevoir une définition.
Elle est parfois précédée d'un préfixe (qui en modifie le sens), et souvent suivie
d'un suffixe (qui en modifie la catégorie grammaticale). Sa  terminaison participe à
son actualisation. En outre, dans le corps du mot, il peut se glisser un infixe qui,
comme le préfixe, ajoute au sens; voire un glide, qui garantit la fluidité sonore.
Ex. ré-gurg-it-a-tion-s.
Choix d'un préfixe.

Il y en a de très vivants.


Superalliage, superbombardier, superjet, superhéros, superpréfet, supergrand,
superpuissance, superpétrolier, superproduction, superstar, supercarburant,
supermarché...
Le préfixe est-il une racine lexicale ou un mot grammatical?
Considérons le mot extra-terrestre. Les extra-terrestres sont ______.
1 des Terrestres qui sont extra
2 des extra qui sont terrestres
3 (Autre chose car le mot est mal formé)
4 (Autre chose et le mot est bien formé)
Il devrait chercher dans son ________ les raisons de ses échecs.
1 inconscient
2 subconscient
3 (N'importe)
4 (Selon la nuance de sens)
Réaction 29


Le meilleur quart des cégépiens sont au courant; la moitié opte pour le terme atténué.


QCM  60617                    # 1078     |100%              ·
Lot  EQ6voc   Cycle 17         Valide    |   |              ·
Rép.     %      Niveau    Discriminance  |   |              ·
4*      27      1.52      0.42           |   |              · 22222222222222
-       01      1.44      0.42           |   |       222222222
1       12      0.58      0.47           |   |2222222       ·              1
2       53    -11.45      0.13           |   |              ·           111
3       07      0.00      0.00           |   |              ·         11   4
-----------------------------------------|   |              ·      111  444
Il devrait chercher dans son ________    |   |              ·    11   44
les raisons de ses échecs.               |50%|······················111·····444·········
1) inconscient                           |   |              11   44
2) subconscient                          |   |            11· 444
3) (N'importe)                           |   |           1  44
4) (Selon la nuance de sens)             |   |         11 44·
                                         |   |    11111444  ·
                                         |   |  1144444     ·
                                         |   |4444          ·
La différence de sens est simplement due aux préfixes in- ("négation") et sub- ("sous"). On conçoit que si le conscient est l'idéal, sa négation soit plus lourde qu'une position sous-jacente.

Mais il n'y a pas que les extras. Comment distinguer, parmi les exemples suivants, les dérivés avec préfixe, les composés, avec leurs deux racines, et les dérivés avec suffixes? Ou bien suffit-il d'identifie les éléments de sens de chaque syllabe sans trop se préoccuper de catégoriser?


Accourir, contredire, paratonnerre, denture, bonheur, vinaigre, clairsemé,
géographe, terminologie, acheminer.

Réaction 30
Appelons radical la racine principale, celle qui est modifiée par l'autre. Si le radical précède, ce qui suit ne pourra être qu'une seconde racine, ou un suffixe (timbre poste, coffre-fort, vinaigre). S'il ne précède pas (bonheur, paratonnerre, géographe), ce qui précède ne pourra être qu'une seconde racine ou un préfixe. Le problème est donc le même, dès que le sens est la somme de deux sens établis respectivement dans deux syllabes distinctes : s'agit-il de deux racines ou l'une des deux est-elle un affixe (un préfixe si c'est la première, un suffixe si c'est la dernière).

Voici quelques exemples à discuter.


Suffoquer, cosmonaute, tournesol, suicide, solstice, sudorifère.

Réaction 31
La différence entre le préfixe et la seconde racine apparaît quand on fait dans la comparaison des sèmes. Les affixes (parties de mots qui modifient le sens) sont délexicalisés (autrement, ce serait des racines secondaires ou des parties de mots composés). Ils ont donc un sens très étendu, beaucoup plus vague, leur compréhension est réduite à peu de chose. Un autre indice est qu'on le retrouve souvent avec des radicaux très divers.

Au radical foq s'ajoute un préfixe sub (sous). Cosmo pourrait être une racine (le cosmos) s'il n'était pas abrégé en -o comme les préfixes tirés de racines (germano-soviétiques). Sol est attaché à tourne mais n'est pas un suffixe (soleil). Suicide n'est pas formé d'une racine suic et d'un suffixe -ide mais d'un radical cide (tuer) et du morphème sui (soi). On retrouve sol (soleil) dans solstice avec le radical stice (arrêt)? Non. Stice peut se faire analyser comme suffixe car il se trouve dans d'autres mots (armistice) avec le même sens. C'est comme sudorifère, où le radical commence (sueur) et où la seconde racine (fère, qui porte) est devenue si fréquente que sa délexicalisation est en cours (calorifère).

Comme toujours, ce sont des catégories, en langue, qui sont des actions collectives, en pleine évolution, chaque fois que quelqu'un les emploie. Voici la liste des racines en voie de devenir des suffixes et de se répandre en perdant certains éléments de leur sens.


-cide, "qui tue" (insecticide).
-crate, "qui commande" (bureaucrate). -cratie, "pouvoir social ou politique"
(démocratie). 
-cycle, "cercle" (tricycle, hémicycle). 
-drome, "espace de course" (vélodrome). 
-fère, "qui porte" (mammifère). 
-fique, "qui produit" (calorifique, sudorifique).
-forme, suffixe caractérisant une espèce (onguiforme)
-fuge, «qui fuit» (hydrofuge). 
-gène, "qui est à l'origine de" (lacrymogène, oxygène).
-graphe: "qui écrit" (phonographe). -graphie, «façon d'écrire» (sténographie,
iconographie)
-idé, "qui appartient à une famille d'animaux" (équidé).
-lâtre,  «adorateur d'une divinité»; -latrie.
-logie, "science" (musicologie).-logue, "savant" (bactériologue). -logiste, "savant"
(biologiste).
-mane, "qui a la manie de", sans connotation péjorative
-mètre, "qui mesure" (thermomètre, baromètre). -mètrie, "mesure" (géométrie). 
-morphe, "forme" (polymophe) 
-oïde, "qui a la forme de" (cylindroïde, celluloïd). 
-pare: "qui engendre" (ovipare). 
-pède, "quant aux pieds" (bipède). 
-phage "qui se nourrit de"  
-phile, «qui aime» (colombophile). -philie, "amour de" (colombophilie, xénophilie). 
-phone, "qui parle" (téléphone, arabophone). -phonie, "qui concerne le son"
(symphonie)
-scope, "qui regarde" (microscope). -scopie, "examen" (radioscopie).
-styl-, «colonne» ou «poinçon» (péristyle). 
-technie, «technique» (pyrotechnie, mnémotechnie). 
-type, "caractère imprimé" (linotype, phototypie). 
-vore, "qui se nourrit de" (insectivore).
Ce ne sont pas toujours des suffixes. Les mêmes racines peuvent se trouver comme préfixe. En comparant cette liste et la suivante, voyez-vous des points communs?


Aéro-, anthropo-, archéo-, auto-, baro-, biblio, bio-, caco-, chromo-,
chrono-, chryso-, cosmo-, crypto-, cyclo-, dactylo-, démo-, dynamo-,
gast(er)o-, géo-, hélio-, hém(at)o-, hippo-, hom(é)o-, horo-, hydro-, iso-,
litho-, macro-, mégalo-, méso-, métro-, micro-, mono-, morpho-, nécro-, néo-,
neuro- ou névro-, odonto-, ophtalmo-, ortho-, oro-, paléo-, pan(to)-, patho-,
pédo-, phago-, philo-, phono-, photo-, pneum(at)o-, podo-, proto-, pseudo-,
psycho-, ptéro-, pyro-, rhino-, techno-, théo-, thermo-, topo-, typo-, xéno-,
xylo-, zoo-.

Réaction 32
-Cycl-, -mètr-, -morph-, -pèd-, -phag-, -phil-, -phon-, -typ-.

Leur place dans le mot n'est pas le point décisif. C'est leur réutilisation dans des contextes de plus en plus divers donc dans de nouveaux mots, leur vivacité, qui les délexicalise, les faisant pénétrer et devenir de plus en plus courants dans la langue.

Mais les préfixes, ce sont, le plus souvent, des mots grammaticaux, adaptés à leur proximité plus étroite par une assimilation des consonnes en contact (ad devient ac devant courir). Le pré