www.cafe.edu

OÙ EST MA LOGIQUE?
Tenir compte des raisons des autres et réfuter en connaissance de cause.

Qu’est-ce que le concept? Une image mentale de n’importe quelle chose réelle? Si c’était le cas, il serait opposé à la réalité. Il en est nécessairement distinct, du moins, puisqu’il n’en est que l’image. Mais cette image fait partie de la réalité, sinon elle n’existerait pas.
   La question est donc loin d’être aussi simple qu’on aurait pu croire à première vue et la solution de Platon, le réel n’est qu’une ombre et les concepts sont la seule réalité (mythe de la caverne) ne fait qu’inverser la conception courante, prouvant seulement la complexité de la question.
   Y a-t-il d’autres tentatives de définition? Certes. Que penser de celle de Hegel? Le concept est la vérité de l’être et de l’essence, en tant que le paraître dans soi-même de la réflexion est en même temps immédiateté subsistante-par-soi et que cet être d’une effectivité diverse est immédiatement seulement un paraître dans soi-même. (Science de la logique, # 159)

1. À première vue, une définition aussi complexe a quelque chance de soulever plus qu’un coin du voile.
2. Nombreux termes nouveaux: vérité, essence, paraître, réflexion, immédiateté, subsistance, effectivité.
3. Grammaticalement, c’est soi qui domine (trois occurrences, dans soi-même deux fois, et par soi).
4. Que ce réel soit d’une effectivité diverse mérite examen aussi. On peut se contenter du minimum, se rappeler ou prévoir, ou vouloir le maximum, créer la chose pensée.

Opter pour un des distracteurs ou commenter son hésitation ci-dessous. On reçoit aussitôt notre opinion. Une réponse plus personnelle est possible éventuellement.

Réponse:
Vous pouvez aussi noter ci-dessus une question que vous vous posez.
Adresse électronique (courriel):

Réflexion d'hier

Que certaines régions, comme la Catalogne, considèrent une séparation comme avantageuse et rallient des partisans, c’est normal et courant mais que cela débouche sur de la violence devrait être évité. À tout prix? Au prix de la soumission à un pouvoir central arbitraire et violent quand il l’ose? L’indépendance, la liberté ne valent-elles pas un sacrifice absolu?

Notre proposition de corrigé.
Prenons des exemples. La question de la langue. Pratiquer une autre langue que celle du pouvoir national est-il inadmissible alors que les ancêtres de votre région l’ont depuis des siècles? Les États ne devraient donc pas avoir le droit de l’interdire. Mais les États se donnent tous les droits. C’est facile quand les citoyens approuvent, ou n’osent pas désapprouver. Il faut donc s’unir, créer des mouvements d’opinion. Pourquoi l’opinion est-elle si permissive vis-à-vis de l’autorité nationale et si rigoureuse contre les groupes de marginaux?
   Mais chaque situation a ses particularités. En Israël, on accueille des juifs venus des quatre coins du monde et on leur enseigne à tous une langue que ne connaissent aucun d’entre eux: l’hébreu. Mais ils le font de bon coeur, la terre étant celle de leurs ancêtres dans les Écritures. Ils n’ont pas reculé devant l’horreur: nettoyer la place, mettre en fuite ceux qui y vivaient avant leur établissement, et cela par la force des armes. La déclaration Balfour de 1917 énonce pourtant très clairement qu’un foyer national pour le peuple juif en Palestine ne pourra “porter atteinte aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine”. Voilà tout de même un principe qui se soucie de morale, qui a conscience du problème posé.
   L’ancien secrétaire général de la francophonie de 1990 à 1998, Jean-Louis Roy s’est trouvé constamment mêlé aux difficultés causées par le sans gêne des nations modernes en face des minorités. Il rappelle dans le Devoir l’essentiel de sa conférence résumée sur Internet (www.francophoniedesameriques.com/moisdelafrancophonie/wp-content/uploads/sites/35/2015/01/ Résumé-de-la-conférence-de-Jean-Louis-Roy-Mois-de-la-francophonie-2015.pdf). Le gâchis de la Catalogne dans les soubresauts de la violence réciproque est rendu encore plus tragique par les autorités européennes, spectatrices désengagées. Un exemple à suivre est fourni par le Cameroun. “Dans ce pays où cohabitent de grandes familles ethniques (Peul, Bétis et Bamiléké), de grandes communautés spirituelles et religieuses (animiste, chrétienne et musulmane), un choix a été fait, celui de la délibération comme voie privilégiée de règlement de crise”. “Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies devrait se saisir de la question de l’accession à la souveraineté nationale au XXIe siècle et proposer des normes impératives à l’Assemblée générale des Nations unies pour examen et adoption. Ces normes manquent cruellement.”

Copyright © 2009 C.A.F.É.