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OÙ EST MA LOGIQUE?
Tenir compte des raisons des autres et réfuter en connaissance de cause.

Autre temps, autre lieu, autre moeurs. Exemple: Guantanamo. La prison américaine extra-territoriale a permis de faire avouer par la torture des prisonniers de guerre et l’injustice de la nation dominante a éclaté aux yeux de tous, comme si toute intervention armée non-défensive n’était pas déjà injuste. Les corridors des Nations Unies doivent résonner d’interprétations discordantes comparables aux symphonies de Chostakovitch. S’y profilent autant d’opinions publiques qu’il y a de pays représentés.
   Or, examinons de plus près le cas très particulier d’un enfant-soldat irakien, enrôlé à 14 ans par son père, partisan de Saddam Hussein, devenu citoyen canadien puis retourné en Irak. L’adolescent fait le coup de feu en uniforme et se fait capturer par les G.I. Il se retrouve à Guantanamo, où on fera de lui un “terroriste” présumé assassin.
   Omar Kadr a-t-il tué? Comment le saurait-il, comment s’en souviendrait-il? On ne se battait pas à bout portant. Ce n’est pas comme les bombardiers américains, qui savent parfaitement ne pas pouvoir éviter de faire souffrir et mourir même des civils. Que savait-il, quand sa famille l’a largué dans un corps d’armée d’où il fut transféré en prison, troquant l’uniforme pour une simple chemise de couleur rouge vif, soumis à tous les ordres de spécialistes de l’arrachement d’aveu?

1. Sa famille n’aurait pas émigré au Canada, il aurait été enrôlé, capturé, privé de formation secondaire, pareillement. Ensuite, en Irak, il ne serait pas resté prisonnier, il se serait retrouvé parmi les jeunes de son âge et oublié des médias.
2. Le Canada savait qu’il était citoyen canadien. Il a considéré que ce n’était pas comme tel qu’il avait combattu pour l’Irak. C’est un cas de double nationalité. Mais le Canada n’en devait pas moins assumer sa défense à Guantanamo. Ceci est confirmé par un jugement de la Cour suprême du Canada.
3. Après dix ans d’emprisonnement, Kadhr bénéficie d’un extradition au Canada, suite à l’arrivée au pouvoir du parti libéral. Mais ce n’est pas la fin de ses ennuis, au contraire. Il reçoit des menaces de mort et subit des agressions dans la prison canadienne où il se retrouve maintenant totalement isolé. On doit le transférer à Edmonton, prison sous haute surveillance.
4. Maintenant Kadr est sorti de prison et les médias se jettent sur lui pour des entrevues. Il parle assez couramment trois langues. Il n’en veut à personne, même s’il a trente ans et que sa vie a été gâchée par son père d’abord, pour l’Amérique ensuite, par le gouvernement Harper enfin. Il dit ne vouloir penser qu’à son avenir.

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Réflexion d'hier

Tout le monde parle de la bombe atomique comme d’une chose connue, et de même, depuis son invention, de l’électricité, mais on n’en connaissait que les effets; et la foudre, avant cela, était rapportée directement à Jupiter, le dieu de la nature, manifestant physiquement sa suprématie.
   Curieusement, on ne rapporte pas à Dieu les effets de la bombe atomique: leur effet néfaste doivent les rapporter à Satan, auquel on refuse tout crédit. Ces deux puissances supérieures sont aujourd’hui privées de célébrations liturgiques ou offrandes car elles ne suscitent plus de craintes. La raison nous a poussés un peu au delà. Pas au point de les rayer de nos mémoires, cependant. Pour les écarter, il faudrait conscientiser les raisons d’être de l’électricité et de l’atome, pas seulement leurs manifestations. Nos savants en décrivent les déterminations et raffinent leurs utilisations, ils peuvent les mettre en oeuvre de plus en plus subtilement (appareils électroniques, centrales nucléaires) mais avant de saisir d’où ils viennent et pourquoi il faut, rationnellement, qu’il en soit ainsi, se posent des questions plus philosophiques, notamment celle de l’essence de la nature. Kant le fait dans un essai (Fondements métaphysiques initiaux de la science de la nature) que mentionne Hegel (Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé, trad. Bourgeois, p183-4).

1. Hegel trouve que Kant ne va pas assez loin. La “théorie atomistique” juxtapose une force de répulsion, entre atomes, et une force d’attraction, pour former les molécules. Mais d’où viennent ces deux forces?
2. Pour s’exercer, ces deux forces contraires doivent pouvoir s’articuler l’une à l’autre, comme la physique moderne le développe avec la physique subatomique, l’orbitale atomique, les quanta, le moment magnétique nucléaire ou spin, la fusion et la fission nucléaires, la radioactivité, les isotopes, les plasmas, les muons, les hadrons, l’antimatière.
3. L’atome était, pour les Grecs, la particule constitutive de toute matière au-delà de laquelle on ne peut plus faire de division (atome veut dire “insécable”). Or, pour Hegel, en 1830, la relation entre atomes , faite de répulsion mais aussi essentiellement d’attraction, et leur centre, Un pour-soi infini devenu sa propre suppression, toute déterminité de l’être devient quantitative.
4. Mais Hegel ne disposait pas des observations qui lui auraient permis de concrétiser cette observation, ni ses contemporains des moyens de réunir suffisamment d’uranium enrichi pour fabriquer la bombe. Pour développer son idée, d’autres exemples foisonnent. “La vision atomistique des choses est, dans les temps modernes, devenue encore plus importante dans le domaine politique que dans le domaine physique. Suivant celle-ci, la volonté des individus singuliers est le principe de l’État et ce qui produit l’attraction est la particularité des besoins, des penchants; et l’universel, l’État lui-même, est le Rapport extérieur du contrat” (p184), les élections démocratiques.

Notre proposition de corrigé.
DÉLIBÉRATION sur le choix 1. On le voit mieux aujourd’hui. L’atome a un noyau formé d’un proton à charge électrique positive et d’un neutron, non chargé électriquement. Ils sont entourés d’un vide des milliers de fois plus étendu, où gravitent à des vitesses folles, maintenus par l’attraction nucléaire, quelques électrons, de charge négative).
2. “Si la répulsion est considérée en elle-même, elle est, en tant que comportement négatif des plusieurs Uns les uns à l’égard des autres, aussi bien essentiellement leur relation” (p182). Or, “comme ceux auxquels l’Un (pour-soi de l’Être, infini) se rapporte en son acte de repousser sont des Uns, en eux il se rapporte à lui-même”. Conclusion: l’Un exclusif ou pour-soi se supprime.
3. Cette vue hégélienne fonde, dès 1830, la théorie des quanta. Il est possible qu’Einstein ait puisé là l’idée de sa théorie, si explosive.
4. Le saut est raide, de l’atome à une élection présidentielle, mais les éléments du syllogisme sont explicites dans les deux cas. Le développement du concept de quantité comme tel se fera d’ailleurs sur un ensemble approprié, le nombre.
PARADOXE On se demande comment tant de nécessités bien démontrées produisent des rencontres purement stochastiques, livrées au hasard, pourquoi toutes les combinaisons sont contingentes, imprévisibles.
OPINION Il y a trop de possibles. Mais alors, pourquoi la mécanique inéluctable, la chimie irréversible, l’aveu catastrophique? Fabrication de roues dentées, moyens partagés d’usinage, en vue de fins qui peuvent servir à tout le monde à la cuisine ou en route, sur terre ou sur mer, dans l’air et la stratosphère... Image de soi et interprétation des réactions de chaque autre... Oui, cela, et encore ce que l’avenir nous cache dans sa corne d’abondance.

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