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OÙ EST MA LOGIQUE?
Tenir compte des raisons des autres et réfuter en connaissance de cause.

Le suicide est-il un crime?

1. Contre soi, tout au plus: pas contre les autres ni la société. Mais ce n'est pas un exemple à suivre.
2. La loi du talion châtie l'assassin au moyen de la peine capitale. Dans le cas du suicide, le châtiment est reçu par l'offense même. Double exécution!
3. Un suicide véritable n'est qu'un fait accompli. Il échappe à la loi civile ou morale. On ne peut plus rien en penser. Et s'il s'agissait de soi-même, on ne serait plus là de toute façon pour en penser quoi que ce soit.
4. Il devrait être un droit car il conditionne une existence libre.

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Réponse:
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Réflexion d'hier

«L'éternité n'est pas du côté de la mort» peut-on entendre rétorquer à ceux qui croient au paradis et à l'enfer.
Quelle est la bonne façon de voir la vie?

1. Mieux vaut se mettre du côté de la vie, s'habiller de couleurs gaies. Et avoir des enfants. Savoir jouir des bonnes choses!
2. Et le paradis, alors? Sans au-delà, il n'y aurait rien que du terre-à-terre finalement décevant d'un point de vue ou l'autre.
3. Qui plus est, sans espoir d'immortalité, c'est le sacrifice de soi et l'amour des autres qui perdent leurs avantages.
4. Le sacrifice est une exigence des autres pour leur bien à eux. On le fait pour eux, en se mettant à leur place.

Notre proposition de corrigé.
DÉLIBÉRATION sur le choix 1. Solution qui enferme dans une temporalité où le vieillessement et le décès sont acceptés d'avance.
2. Ni l'enfer ni le paradis ne sont des évidences ou même des articles de foi pour le croyant. Un théologien un peu averti les considérera plutôt comme de simples figurations, ces mythes collectifs exprimant plutôt autre chose.
3. Le sacrifice de soi est prôné voire imposé par les totalitarismes de tout acabit. Voulu personnellement, il prend appui sur la supériorité de l'être (sien et rationnel) en face d'un paraître commun (opinions répandues).
Comment le justifier, en ce cas? C'est ce qu'on peut trouver chez Socrate, Eckhart, Gandhi et d'autres, dont le courage friserait l'inconscience.
4. Le sacrifice de son être même ne peut plus être sincère, logiquement. Fénelon, avec son pur amour sanctifiant, préconise le sacrifice de son éternité personnelle «si telle était la volonté divine» mais il sait bien que c'est purement théorique puisque Dieu se contredirait en voulant cela. La tradition doctrinale est si explicite là-dessus que Rome ne condamna son livre (Maximes des saints) que comme inopportun (vu les attaques de Bossuet et le soupçon de quiétisme).
HYPOTHÈSE L'Éternité ne peut pas être là immédiatement puisque c'est la définition de son contraire, le temps.
DÉVELOPPEMENT Elle est aussi privée de durée car elle est à la fois unique et universelle.
ANTITHÈSE Le temps, lui, ne peut avoir ni unité ni totalité.
SYNTHÈSE Il y a une double difficulté à saisir un concept comme celui d'éternité. Il faut résoudre l'antinomie conceptuelle d'universalité (totalité mais unité) et il faut tenir compte de la position du sujet (soi), qui reste marginale mais aussi cesse de n'être que relative, comme elle l'est dans le temps: elle devient absolue.

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