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EXPLICATION DE TEXTE

Dans la Sauvage de Jean Anouilh, la personne aimée n'appartient pas au milieu bourgeois. Mais elle finit par en avoir marre des convenances et reprend sa liberté. Dans le Rendez-vous de Senlis, il y a une héroïne inverse. Isabelle est tellement éprise de tradition que, pour la conquérir, Georges se donne des origines bourgeoises en montant tout un spectacle. Il loue une maison de maîtres, engage deux acteurs qui figureront ses parents et paie le traiteur pour jouer au vieux domestique qui doit raconter le temps jadis, quand il le faisait sauter sur ses genoux.
Tout foire, bien entendu. Georges a dû s'éclipser pour arrêter au bord du suicide sa légitime épouse et, dans l'intervalle, les figurants vendent la mêche.
Comment Anouilh ose-t-il proposer une intrigue aussi peu plausible? Et comment parvient-il à frôler une telle invraisemblance sans y tomber?
À force de réalisme? En bifurquant vers la tragédie (coup de feu, blessure)? Par la sincérité et la conviction de son héros? En ouvrant la porte au rêve en couleur? En mélangeant l' euphorie et le burlesque?

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Lecture précédente.

Les Poèmes d'Anne Hébert (Paris, le Seuil, 1960) sont-ils en vers ou en prose? Comparer les deux passages suivants.

La nuit
Le silence de la nuit
M'entoure
Comme de grands courants sous-marins (p.24)
et
L'effroi dans ses veines, la pitié entre ses mains, la fille éprouva d'un coup le malheur du monde en sa chair
Et découvrit son propre tendre visage éclatant parmi les larmes. (p.96)

Ce ne sont évidemment pas des vers classiques. Faut-il parler de vers libre? de verset? de prose rythmée?
Pistes: le cours de rédaction, chap. la poésie, q. 21 et 37 à 42.

CORRIGÉ EXEMPLATIF
Le découpage graphique du premier extrait fait penser au vers libre mais il reste à en préciser le rythme. Suffit-il de compter les mots phonétiques (1-2-1-3), ce qui produirait une prose rythmée? Ou bien peut-on chercher des isométries qui incluent les silences? Au lieu de dire Comme de grands courants sous-marin d'une traite, prosaïquement, on aurait à découper en quatre mesures: / u / u / uu . Mesures isochrones (de même durée)... Il semble plus naturel de laisser à chaque vers sa durée prosaïque.
   Le second extrait ne se laisse pas rythmer en tant que vers, lui non plus. Sa dimension le rapproche du verset, de même que la division en deux stiques (13 / 11). Une formule rythmique propre à rendre compte du recueil en général serait à égale distance du poème en prose et du vers libre: il s'agirait donc d'un verset, avec sa division en deux ou trois stiques, et son rythme trop régulier (mais sans isométrie: ce n'est pas un vers rythmique).
    Pour terminer, voyons de plus près le dernier verset.
Et découvrit son propre tendre visage éclatant parmi les larmes.
Il y a anacrouse. Et reçoit un accent (thesis). La suite se laisse découper en mesures: anapeste, ïambe, ïambe, anapeste; césure; anapeste, tribraque et trochée.
Et/ découvrituu son pro-u /pre ten-u / dre visag'uu /# éclatantuu / parmi lesu u u / larmes u.
C'est la fin du poème. Elle est plus travaillée, comme le sont les clausules. Ce n'est plus un verset: c'est un vers! (Inutile de compter les syllabes: c'est un vers très libre.)

CONSEILS

Sur feuille libre, noter ses réactions illico, telles quelles, sans peaufiner. On pourra les retravailler quand on les transcrira dans la fenêtre prévue. Citer les passages litigieux pour les critiquer. Se poser les questions habituelles: qui parle ( l'auteur ), dans quel but ( visée ), sous quelles formes ( genre littéraire ), avec quels arguments et quelles preuves ? Analyser, fouiller dans l'index de la CLÉ sur les mots utilisés dans votre analyse, de façon à la pousser plus loin.

Clé des procédés.

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