www.cafe.edu

EXPLICATION DE TEXTE

Le parc de cet hôtel était une sorte de jardin à la française, sans arbre, sans fleur, sans végétation aucune ..... Il semblait, au premier abord, impossible de s’y perdre... au premier abord... le long des allées rectilignes, entre les statues aux gestes figés et les dalles de granit, où vous étiez maintenant déjà en train de vous perdre, pour toujours, dans la nuit tranquille, seule avec moi.
A. Robbe-Grillet, l’Année dernière à Marienbad, ciné-roman, dernier paragraphe.

   Le film a été vu comme le journal d’un séducteur, et c’est bien l’histoire d’une jeune femme qui se laisse convaincre par un inconnu de tout quitter pour le suivre; mais cette finale n’a-t-elle pas des résonnances particulières? Les autres pages, d’ailleurs, et les images du film, où les personnages sont figés, impersonnels, sortis du temps, ne baignent-elles pas dans une lumière lunaire qui leur confère une beauté étrange, celle d’un autre monde?

Ceux qui envoient leur réponse reçoivent une proposition et parfois un courriel adapté à leurs questions.

Réponse:
Adresse électronique (courriel):

Lecture précédente.

Début du roman d’Alain Robbe-Grillet, Dans le labyrinthe: «Je suis seul ici, maintenant, bien à l’abri. Dehors, il pleut, dehors on marche sous la pluie en courbant la tête»
Fin: «Dehors il pleut. Dehors on marche sous la pluie en courbant la tête ..... après la porte de la chambre, le vestibule obscur ..... la succession des longs corridors, l’escalier en spirale, la porte de l’immeuble avec sa marche de pierre, et toute la ville derrière moi.» (p. 219 à 221).
   Le héros du roman est un soldat errant, débandé, exténué, délirant dans ses souvenirs, peinant à reprendre ses esprits. Il lui arrive de se faire blesser par balles. Il lui arrive de se faire confier un petit colis par un camarade inconnu sur le point de trépasser. Il lui arrive de mourir sans avoir pu remettre le colis à qui de droit.
   La question que pose le texte est: qui parle, et quand?
   Car on aura noté l’inclusion (Je ..... moi). Ce temps pluvieux n'est-il pas le signe d’un seul et même moment?

CORRIGÉ EXEMPLATIF
Le nouveau romancier cherche à se délivrer de l’omniscience à laquelle prétend le narrateur dans le roman (classique, romantique, réaliste). Robbe-Grillet, qui s’en fait le théoricien (Pour un nouveau roman) proclame, comme le font les peintres depuis déjà un bon demi-siècle, la liberté de l’Art. Mais il façonne des labyrinthes de décors surchargés d’objets minutieusement décrits et patiemment redécrits (avec de petites différences), sans qu’on sache qui les voit, pourquoi ils sont décrits, ni à quel moment, comme si le but n’était que de perdre son lecteur, et d’autant mieux qu’il parviendrait à se souvenir de chaque phrase. Fastidieux travail de théoricien, dira-t-on, mais alors... pourquoi le lit-on, et avec plaisir? Eh bien, ce sera sans doute pour se perdre dans le labyrinthe.
   On ne saura jamais si celui qui parle est un soldat rencontré par d’autres personnes (un gamin, une jeune femme, d’autres combattants, le patron de l’auberge), si tous ne sont que des figurants tirés d’anciennes photos, ou si quelqu’un qui ne dit pas qui il est, a puisé dans ses souvenirs, mais en s’ingéniant à brouiller les pistes.
   Car même le temps subit une distorsion quasi scientifique. Après tout, l’imaginaire n’est-il pas un lieu dont l’unité est entièrement fictive? L’écrit n’a de stabilité que par convention voulue et entretenue. La force de Robbe-Grillet est de savoir nous arracher à ces conventions. Il plonge dans leur vide.

CONSEILS

Sur feuille libre, noter ses réactions illico, telles quelles, sans peaufiner. On pourra les retravailler quand on les transcrira dans la fenêtre prévue. Citer les passages litigieux pour les critiquer. Se poser les questions habituelles: qui parle ( l'auteur ), dans quel but ( visée ), sous quelles formes ( genre littéraire ), avec quels arguments et quelles preuves ? Analyser, fouiller dans l'index de la CLÉ sur les mots utilisés dans votre analyse, de façon à la pousser plus loin.

Clé des procédés.

Copyright © 2008 C.A.F.É.